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Entretien avec Bruno Moreira, élève de l'IPR : détails et défis de la construction de sa montre

il y a 22 heures
5 min de lecture



Bruno Moreira, Data Engineer chez OutSystems au Portugal, se distingue dans le monde de la technologie par sa capacité à s'adapter aux nouvelles tendances et à les influencer. Pour construire sa montre, il a su allier l'art traditionnel de l'horloger à la technologie la plus avancée, reflétant une union unique de compétences. Titulaire d'un master en Réseaux et Télécommunications de l'Université de Coimbra, Bruno a poursuivi une carrière en ingénierie logicielle. Outre ses compétences techniques, il est reconnu pour son excellence dans la direction d'équipes dans des environnements variés, se montrant toujours capable de résoudre les problèmes.


Son parcours professionnel l'a amené à travailler sur des projets importants aux États-Unis et en Europe, consolidant sa réputation d'ingénieur de données et de visionnaire. En plus de contribuer à des projets de transformation de systèmes, il est cofondateur du Group TBM, faisant preuve d'un fort esprit d'entreprise avec un impact sur le marché mondial. Il est un exemple de la manière d'harmoniser la précision technique avec les valeurs humaines, et l'innovation avec la tradition.



Entretien avec Bruno Moreira

Parle-moi de toi et de la façon dont tu as découvert ta passion pour l'horlogerie.

Ah, depuis tout petit, je suis fasciné par les mécanismes complexes. Je me souviens de démonter les vieilles montres de mon grand-père rien que pour voir toutes les pièces. Quand j'ai entendu parler de la formation de l'Institut, je n'ai pas hésité une seconde.


Première montre de Bruno Moreira en acier, toujours parfaitement fonctionnelle
Première montre de Bruno Moreira en acier, toujours parfaitement fonctionnelle

Qu'est-ce qui t'a motivé à t'inscrire à la formation en horlogerie de l'Instituto Português de Relojoaria ?

Je voulais approfondir mes connaissances techniques et avoir accès à des outils et à des techniques que je n'aurais pas pu apprendre seul. De plus, l'Institut jouit d'une grande réputation et compte de grands maîtres.


Et la décision de ne pas mettre de fond sur la montre, qu'est-ce qui t'a conduit à ce choix ?

Choisir de construire la boîte de la montre d'une seule pièce, sans fond séparé, est une décision que j'ai prise pour plusieurs raisons. Tout d'abord, cette approche confère à la montre une plus grande robustesse et une meilleure intégrité structurelle. Sans joint ni fond, on réduit le risque d'infiltration d'eau ou de poussière, ce qui augmente la durabilité de la montre. De plus, une construction monobloc permet une forme plus épurée et plus élégante, aux lignes douces et continues. Ce choix esthétique, même s'il ne permet pas de voir le mouvement, met l'accent sur la simplicité et l'élégance de la forme extérieure, offrant une expérience différente à celui qui la porte. C'est la démonstration que, parfois, la beauté de l'horlogerie réside aussi dans la simplicité et la solidité du design extérieur.



Boîte sans fond avec gravure personnalisée
Boîte sans fond avec gravure personnalisée

Et le cadran et les aiguilles, peux-tu expliquer le processus de création et ce que tu prévois de changer ?

Le cadran est assez particulier. Il a été découpé au laser et il est de type sandwich avec des disques en aluminium. C'est moi qui l'ai peint à la main et qui ai appliqué la matière luminescente. Quant aux aiguilles, elles sont pour l'instant peintes en bleu, mais je vais les remplacer par des aiguilles en acier qui seront revenues pour obtenir une teinte de bleu parfaite.


Montre avec un bracelet fabriqué par Bruno Moreira et un cadran de type sandwich avec des disques en aluminium
Bracelet fabriqué par Bruno Moreira et cadran de type sandwich avec des disques en aluminium


Ces personnalisations donnent vraiment une touche unique à la montre. Comment tes clients réagissent-ils à ces détails ?

Ils adorent. Beaucoup de mes clients sont des passionnés d'horlogerie et apprécient ces détails qui rendent chaque pièce unique. La personnalisation et le souci du détail, voilà ce qui les attire.


Peux-tu expliquer comment tu as réalisé l'usinage et le frittage laser pour assembler la montre ?

Bien sûr, le processus a été très intéressant. J'ai commencé par l'usinage, à l'aide d'un tour CNC, indispensable pour façonner les pièces métalliques avec une précision incroyable. Cette étape est cruciale pour garantir que toutes les parties métalliques de la montre s'ajustent parfaitement et présentent la finition souhaitée.

Quant au frittage laser, ce fut une technique fondamentale pour construire la boîte de la montre. Cette technologie permet de déposer de fines couches de poudre métallique, puis de les fusionner à l'aide d'un laser. Le processus est répété couche après couche jusqu'à ce que la boîte soit terminée. C'est une méthode qui offre une liberté de conception extraordinaire, permettant de créer des formes complexes et des détails fins qu'il serait impossible d'obtenir avec les méthodes de fabrication traditionnelles.

En somme, ce processus a allié la précision de la technologie moderne à l'art traditionnel de l'horlogerie, ce qui m'a permis de créer une montre unique, tant sur le plan esthétique que fonctionnel.


Qu'est-ce qui t'a inspiré le choix du mouvement ETA 6497 comme base de ton design ?

C'est un mouvement robuste, fiable et doté d'une riche histoire. De plus, c'est un grand calibre, facile à travailler et très prisé des horlogers indépendants.


Quels obstacles as-tu rencontrés et comment les as-tu surmontés ?

Le plus grand défi a été de régler le mécanisme pour atteindre la précision souhaitée. Beaucoup de patience, d'essais et d'erreurs, mais avec l'aide de mes professeurs, j'ai réussi à le surmonter.


Au cours de ce projet, y a-t-il quelque chose que tu as appris et qui t'a surpris ?

J'ai appris que l'horlogerie est autant un art qu'une science. Ce qui m'a surpris, c'est à quel point un centième de millimètre ou un degré peut faire toute la différence dans le fonctionnement de la montre.




Comment as-tu réussi à vendre tes 11 premières montres ?

Grâce à une combinaison de bouche-à-oreille et de présence sur les réseaux sociaux. J'ai aussi présenté mon travail lors de quelques événements d'artisanat local.


As-tu l'intention de fabriquer d'autres montres ou de créer de nouveaux modèles ?

Oui, je travaille sur un nouveau modèle au design plus moderne et peut-être avec une complication supplémentaire, comme un calendrier.


Boîtes des nouveaux modèles en phase de test


Comment vois-tu l'avenir de l'horlogerie artisanale, au Portugal comme dans le reste du monde ?

Je pense qu'on assiste à un regain d'intérêt pour l'artisanat et la qualité. Les gens veulent quelque chose d'unique, et c'est une bonne chose pour les horlogers indépendants.


Quels conseils donnerais-tu à quelqu'un qui veut se lancer dans l'horlogerie ?

Je lui dirais d'être patient et méticuleux. Et de ne pas avoir peur de se tromper, parce que c'est comme ça qu'on apprend.


À ton avis, comment les techniques horlogères traditionnelles se combinent-elles avec les nouvelles technologies, comme le frittage laser ?

À mon avis, les techniques horlogères traditionnelles sont le socle de ce que je fais. Elles apportent une compréhension profonde des mécanismes et de l'histoire qui se cache derrière chaque pièce. Les nouvelles technologies, comme le frittage laser, ouvrent quant à elles un monde de possibilités en matière de précision et de design. C'est comme avoir le meilleur des deux mondes : l'art et la précision technique. Nous pouvons créer des pièces qui respectent la tradition tout en repoussant les limites de ce qu'il est possible de faire avec une montre. Sans compter que cela permet une personnalisation à un niveau qui aurait été impensable par le passé. Je vois la combinaison de ces techniques comme une évolution naturelle de l'horlogerie, où chaque nouvelle avancée technologique est un outil qui peut enrichir notre art.


Et pour terminer, quelle est ta vision pour la prochaine série de montres que tu vas créer ?

Ma vision est de continuer à innover, en alliant la tradition horlogère à la modernité des nouvelles techniques. Chaque montre que je fabrique est une évolution, un apprentissage. Je veux que chaque nouvelle pièce raconte une histoire, celle de l'horlogerie traditionnelle entrelacée avec l'innovation technologique.


Pour plus d'informations, contacter : LinkedIn ; brunosousamoreira@gmail.com

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