Le XVIIIe siècle, le siècle des grands horlogers (10e partie)
Le présent article clôt une série de dix. Ce fut un long travail de nombreuses heures de recherche historique, mais ce fut aussi un travail passionnant de découverte et de diffusion de l'histoire de l'horlogerie, et des horlogers, du XVIIIe siècle, comme l'avait déjà été celle du XVIIe siècle, considéré comme le siècle d'or de l'Horlogerie. J'espère qu'il vous a plu ; pour ma part, j'ai pris un plaisir immense à l'écrire. Merci à tous ceux qui ont eu la patience de lire ces dix longues parties de l'article.
Bien à vous tous.
Sílvio Pereira

Avec cette 10e partie, nous concluons un long article consacré à l'histoire de l'horlogerie du XVIIIe siècle, considéré comme le siècle des grands horlogers.
Nous terminons l'examen assez détaillé des montres de souscription de Breguet et analysons l'industrie horlogère suisse, encore balbutiante à l'époque, bien que ce pays ait été le berceau de l'un des plus grands horlogers que le monde nous ait donnés ; nous voulons parler de Jacques – Frédéric Houriet, qui a contribué de manière remarquable à la compréhension des fondements de l'isochronisme, de la compensation thermique et des effets du magnétisme sur les chronomètres.
Sílvio Pereira
1. Évolution du mouvement de la montre Souscription de Breguet – première version expérimentale

Après le prototype initial, la version la plus ancienne est considérée comme un mouvement expérimental, connu sous le nom de première version expérimentale. Ce mouvement reflète fortement l'influence initiale de Jacques-Frédéric Houriet et présente une construction à deux platines, la platine arrière étant plus petite. Une caractéristique distinctive de ces premières versions expérimentales est la disposition des roues autour d'un grand barillet centré (d'un diamètre de 25 mm), qui n'est toutefois pas placé au centre comme dans la version de Houriet. Le balancier est placé sous le cadran afin de conserver une construction générale très mince.
Caractéristiques des premières versions expérimentales :
Conception et construction : les roues sont disposées autour d'un grand barillet centré. L'échappement à cylindre en rubis n'est pas encore présent dans ces premières versions, et le balancier est logé sous le cadran.
Remontage de la montre : il s'effectue par l'avant à l'aide d'une clé, sur le carré situé à l'intérieur du logement de l'aiguille.
Période de développement : commencée vers 1791 ; bien que l'invention soit parfois attribuée à Breguet pendant son exil en Suisse, ces montres ont été vendues peu après son retour à Paris en 1795.
Signature et numérotation : Les platines (qui supportent les rouages) de ces versions ne sont pas signées. La signature et le numéro, lorsqu'ils existent, se trouvent sur la carrure.
Production et numérotation : Les numéros de production de ces versions expérimentales vont de 96 à environ 350 (troisième série). Le chevauchement de la numérotation suggère que les versions expérimentales et la première version de taille intermédiaire ont été perfectionnées simultanément.
Conclusion
Ces premières versions expérimentales du mouvement « souscription » représentent une phase cruciale du développement technique et stylistique des montres de Breguet. Elles associent des éléments novateurs à des influences d'autres horlogers contemporains, et montrent l'évolution progressive vers la conception finalement adoptée par Breguet. Le chevauchement de la numérotation indique un processus continu d'affinement et de perfectionnement, qui a abouti à la version devenue emblématique de la marque.
Abraham – Louis Breguet, Paris, no 178, 1791 – 1795
Montre en laiton doré, dotée d'un mouvement pleine platine, du type « souscription » expérimental, à remontage par l'avant et d'un diamètre de 55,7 mm. Ce modèle possède un axe central de grandes dimensions, suspendu au centre et maintenu par une agrafe à ressort en acier. Il est équipé du premier type d'échappement à ancre mis au point par Breguet, sans pont de balancier, et d'une roue d'échappement en laiton à quatre bras et de palettes rainurées pour retenir l'huile. La raquette agit par un ingénieux système d'articulations et se règle sur la carrure du mouvement.
Le cadran, en cuivre émaillé blanc, porte des chiffres romains et des divisions de cinq minutes ; il est signé « Breguet » en capitales romaines, un style introduit en 1795. Ce cadran ne comporte pas la signature secrète, qui ne fut introduite qu'en 1796, et il est fixé au mouvement par une vis et une goupille sur le bord. La carrure du mouvement est gravée « BREGUET A PARIS No. 178 ». La montre est équipée d'une aiguille unique, plate, en acier bleui, de style « Breguet souscription », qui a été restaurée, préservant l'élégance et la fonctionnalité caractéristiques des montres de Breguet.
Le mouvement décrit est l'un des quatre seuls connus de ce calibre expérimental à utiliser des échappements à ancre. Les autres exemplaires connus sont le no 319 (3e série), le no 106/4291 et une version non numérotée (3e série) sans date de vente.
Le mouvement no 106/4291 est presque identique à celui présenté ici. Cet exemplaire est le seul à présenter des chiffres romains sur un cadran émaillé. Ces premiers exemplaires présentent des caractéristiques distinctives, comme la fixation du cadran par deux vis ou par une vis et une goupille sur la carrure et l'emplacement bien visible du balancier sous le cadran.
Il n'est pas surprenant que certains travaux commencés au début des années 1790 aient été achevés après le retour de Breguet de son exil en Suisse en 1795. Autre fait intéressant à propos de ce mouvement : il porte le même numéro de production qu'une pendulette de voyage vendue au général Napoléon Bonaparte le 24 avril 1798, qui a été vendue aux enchères par Antiquorum à Genève le 14 avril 1991. Le même numéro de production s'applique aussi à la montre no 179, une répétition des quarts vendue à Marie-Antoinette. Il existe en outre une pendulette de voyage portant le même numéro 179, vendue chez Christie's, vente 7864, le 8 juillet 2010 à Londres (lot 98). Selon le certificat Breguet no 2889 de 1945 (révisé par Emmanuel Breguet en 2010), sa fabrication a commencé en 1796 et la pendulette a été vendue en 1804 au roi de Naples, Ferdinand IV de Bourbon.
La pendulette de voyage no 178 fut la première de ce type produite par Breguet, suivie du no 179, la deuxième. La numérotation commune avec les montres de poche no 178 et no 179 peut refléter une incertitude quant à la manière d'intégrer la numérotation des pendulettes de voyage dans les registres de production. Cette complexité de la numérotation souligne la phase de transition expérimentale qu'a traversée l'atelier de Breguet, consolidant son héritage d'innovation et d'excellence horlogère.
L'échappement à ancre de Breguet :
En 1787, Abraham-Louis Breguet parvint à construire des échappements à ancre extrêmement fiables, dont la conception s'inspirait clairement des travaux des horlogers anglais. Breguet ne se contenta cependant pas d'adapter l'échappement à ancre existant : il le redessina entièrement, l'améliorant et le portant à un niveau supérieur à tout ce que l'on pouvait voir à Londres, et rebaptisa cette nouvelle conception « échappement libre ».
Comme nous l'avons déjà vu, l'échappement à ancre original fut inventé par Thomas Mudge vers 1755. Mudge, apprenti de George Graham (connu pour avoir perfectionné l'échappement à cylindre), créa un mécanisme qui, bien qu'excellent en matière de précision, était jugé excessivement compliqué à produire. En raison de sa complexité, l'échappement à ancre fut rarement utilisé, malgré les avantages considérables qu'il offrait pour la précision de la mesure du temps.
Thomas Earnshaw et George Margetts reprirent l'échappement à ancre de Mudge et travaillèrent avec acharnement à le développer davantage. C'est alors que Breguet parvint à le simplifier et à le produire de façon plus économique, sans sacrifier son efficacité. L'innovation de Breguet fit de l'échappement à ancre une solution pratique et accessible, contribuant de manière significative au progrès de l'horlogerie.
2. Évolution du mouvement de la montre Souscription de Breguet – deuxième version expérimentale

La deuxième version expérimentale, antérieure à la construction finale à trois ponts, possède elle aussi, comme toutes les versions ultérieures, une configuration pleine platine, mais elle présente déjà un échappement à cylindre en rubis. Le balancier est placé au fond de la montre, contrairement aux versions précédentes, où il se trouvait sous le cadran. Sont des exemples de cette version le no 324 (Musée Breguet, Paris), le no 267/2267 (British Museum, 1927,0513.2) et le no 258 (vendu le 11 août 1799 à Monsieur Maleszewki, puis chez Antiquorum, Genève, le 14 avril 1991).
Le remontage s'effectue par l'avant, l'axe étant situé dans la zone de fixation de l'aiguille. Le placement du balancier au fond du mouvement facilite l'entretien. Comme ce type de mouvement ne présente pas encore la configuration à trois ponts, il est lui aussi considéré comme une version expérimentale. La platine est signée et numérotée, ce qui reflète le souci du détail qui caractérise les travaux de Breguet.
Abraham – Louis Breguet, Paris no 258, 1796

3. Évolution du mouvement de la montre Souscription de Breguet – première version expérimentale

La première version expérimentale commence à présenter la construction à trois ponts. Le barillet central est visible et soutenu par un pont droit. Les autres ponts ont des formes courbes. Cette version fut largement copiée par des horlogers contemporains, qui tentèrent de se partager le marché avec Breguet. Toutefois, la qualité des copies n'égalait pas celle des originaux de Breguet. Le remontage s'effectue par l'avant, l'axe de remontage étant situé dans la zone de fixation de l'aiguille. Les signatures et numéros, lorsqu'ils existent, sont gravés sur la platine, entre les ponts. Dans certains cas, un pont supplémentaire, peut-être non d'origine, a été ajouté pour stabiliser le barillet, masquant parfois en partie le numéro de série. Les numéros de production de ces versions vont de 200 à environ 420 (troisième série).
Abraham – Louis Breguet, Paris, no 220, 1796

4. Évolution du mouvement de la montre Souscription de Breguet – deuxième version expérimentale

Dans la deuxième version expérimentale, les supports latéraux sont plus droits, à l'exception du support du balancier, qui conserve une forme courbe. Le pont qui maintient le barillet est plus stable, et les troisième et quatrième roues sont toujours soutenues par un pont, désormais droit. Le remontage s'effectue par l'avant, l'axe de remontage étant situé dans la zone de fixation de l'aiguille. La signature et le numéro sur la platine entre les ponts sont disposés de façon plus symétrique, bien que leur orientation ne soit pas uniforme. Les numéros de production de ces versions vont d'environ 400 à 500 (troisième série).
Abraham – Louis Breguet, Paris, no 447, 1799

Montre en laiton doré, dotée d'un mouvement « souscription » de la deuxième version expérimentale, à remontage par l'avant. Elle possède un balancier à trois bras sans système antichoc. L'échappement à cylindre, en rubis, est situé sous le cadran. La platine est gravée de la signature et du numéro disposés de façon opposée, caractéristique typique de cette version. Le cadran est en cuivre émaillé, avec de petits chiffres arabes placés hors de sa zone centrale. Aucune signature n'est visible sur le cadran, mais une signature secrète est gravée sous 12 heures : « Souscription, No. 447, Breguet ». L'aiguille d'origine est en acier bleui, avec un léger renflement à la pointe. Le fond de la boîte est en argent, avec des charnières en or (datant du milieu du XIXe siècle, probablement de fabrication américaine) et un fond guilloché.
Ce mouvement conserve des caractéristiques antérieures, comme l'absence de système de protection du balancier, le pont de balancier légèrement courbé et la présence d'un unique pont droit soutenant la roue moyenne et la roue des secondes. D'autres éléments distinctifs annoncent la version finale de la montre « souscription », comme la signature secrète, l'échappement à cylindre en rubis et la disposition générale du mouvement.
Très peu de montres Breguet présentent une signature visible sur le cadran. Les raisons en sont sujettes à spéculation : peut-être fut-elle oubliée lors de la fabrication, ou le propriétaire préféra-t-il ne pas faire savoir publiquement qu'il possédait une montre Breguet. Une autre hypothèse intrigante est que, compte tenu de l'antipathie que Napoléon Bonaparte nourrissait à l'égard de Breguet après son retour de la campagne d'Égypte en 1801, certains propriétaires auraient choisi de ne pas afficher ostensiblement la marque.
5. Version finale du mouvement de la montre Souscription de Breguet

La version finale du mouvement « souscription » est la plus courante et la plus raffinée. Tous les ponts sont droits ; la roue moyenne et la roue des secondes sont soutenues d'abord par deux ponts disposés symétriquement, puis par un unique pont central. Cette conception atteint une harmonie et une symétrie supérieures à toutes les versions précédentes. La signature et le numéro sont placés sur la platine entre les ponts, selon une disposition très symétrique. Contrairement aux versions précédentes, la montre peut être remontée aussi bien par l'avant que par l'arrière.
La signature et le numéro ont une orientation identique, ce qui renforce la symétrie de la conception. Les numéros de production de cette version vont de 500 à 4300 (troisième série), et beaucoup de ces montres furent vendues bien après la mort d'Abraham-Louis Breguet, survenue en 1823.
Cette version finale servit également de base au développement de la « montre à tact » et à la conception de la « montre simple, nouveau calibre ».
Abraham – Louis Breguet, Paris, no 1498, 1806

Il s'agit de la version la plus courante de la montre « souscription », marquée par quelques variations subtiles dans la disposition des ponts qui soutiennent les troisième et quatrième roues, ainsi que dans l'emplacement du système de protection du balancier. Le balancier peut être réalisé dans différents matériaux, comme le laiton ou l'acier. Les cadrans sont majoritairement en cuivre émaillé, à quelques exceptions notables près. Les signatures sur le cadran peuvent varier considérablement. La plupart de ces versions sont logées dans des boîtes en or, reflétant le raffinement et le souci du détail typiques des montres Breguet.
La « montre à tact » ou « montre tactile »

La « montre à tact » ou « montre tactile » est une ingénieuse invention de Breguet, créée en 1799. Sans devoir réinventer en profondeur la disposition du mouvement, Breguet trouva une solution fort astucieuse permettant de connaître l'heure sans recourir au son, qui dérangeait par exemple à l'opéra, une question pertinente à l'époque. La solution consiste en une aiguille placée sur le fond de la boîte. Cette aiguille peut être tournée librement avec le doigt et se bloque sur l'heure exacte ; de plus, chaque fois que l'aiguille tournait, on le sentait dans la poche. Les modèles les plus luxueux étaient ornés de gros diamants ou de perles.
On pouvait ainsi estimer l'heure avec précision sans avoir à sortir la montre de sa poche.
Pièces emblématiques fabriquées dans l'atelier de Breguet, certaines achevées au XIXe siècle






L'évolution de l'horlogerie suisse pendant le « Siècle des Lumières »
Pendant le « Siècle des Lumières », le commerce horloger de Genève et d'autres centres suisses, comme La Chaux-de-Fonds et Le Locle, se concentra sur la production de boîtes de montres et d'ébauches émaillées de haute qualité destinées aux ateliers français. La production globale de montres de bonne qualité, qui avait prospéré au début du XVIIIe siècle, déclina à la fin de ce même siècle. À cette époque, les mouvements utilisés localement étaient pour la plupart de qualité médiocre et non signés. Pour accroître les ventes internationales, de nombreux mouvements étaient faussement signés du nom d'horlogers reconnus comme Tompion, Graham et, plus tard, Lépine et Breguet. Ces mouvements contrefaits se reconnaissent facilement à la piètre qualité de leur construction et de leur gravure.
Une exception notable fut la production de montres de très haute qualité dans de spectaculaires boîtes en or émaillé, destinées aux marchés ottoman, chinois et indien, alors en pleine croissance. Un autre fait marquant de la fin du XVIIIe siècle fut le développement ou le perfectionnement des échappements, l'invention de l'« échappement Pouzait »[1] étant particulièrement remarquable.
Alexandre Deonna, Genève, no 579, 1720

Cette montre en laiton doré illustre l'alliance de la précision technique et du design artistique ; elle présente un mouvement à échappement à roue de rencontre, verge fusée, à pont unique et remontage par l'avant. La structure est ornée de petites colonnes égyptiennes qui soutiennent le pignon principal et l'échappement à roue de rencontre, évoquant une élégance classique.
Chaque détail, des colonnes égyptiennes au coq à oreilles finement travaillé, reflète l'engagement envers l'excellence et le dévouement à l'art horloger, faisant de cette montre un véritable chef-d'œuvre.
L'influence de la famille Deonna et l'évolution de la production d'ébauches
La famille Deonna, largement reconnue à Genève, se distingua par la production de montres de haute qualité aux boîtes richement décorées, notamment vers le milieu du XVIIIe siècle. Le style de fabrication de ces montres reflétait l'élégance et le raffinement de la période de la Régence française, témoignant de l'habileté et du talent des artisans genevois.
Au début du XVIIIe siècle, les horlogers suisses commencèrent à fournir des mouvements bruts (ébauches) aux horlogers français, établissant une collaboration qui allait s'intensifier au fil des ans. Cet échange fut fondamental pour le développement de l'horlogerie européenne, les ateliers suisses acquérant une réputation pour la qualité et la précision de leurs mouvements.
Avec l'arrivée en France de nouveaux fournisseurs d'ébauches, comme Frédéric Japy, qui commença ses activités vers 1775, l'industrie horlogère française évolua rapidement. En 1780, Japy utilisait déjà une machine à vapeur, révolutionnant la production et établissant de nouvelles normes d'efficacité. Son atelier, qui produisit 40 000 ébauches en 1777, atteignit le chiffre impressionnant de 300 000 unités en 1813 et de 640 000 en 1861, dépassant la production totale d'ébauches en Suisse, qui fut de 515 000 la même année.
Cette production française croissante fut possible grâce à l'étroite collaboration entre ateliers français et suisses. De nombreux fournisseurs français d'ébauches achetaient des composants en Suisse, agissant comme intermédiaires et distributeurs. Cette synergie entre les deux pays augmenta non seulement la capacité de production, mais éleva aussi les normes de qualité et d'innovation de l'horlogerie européenne.
Montre en laiton doré : un exemple de la transition technique en horlogerie
Johann Conrad Pfenninger, Zurich, no 657, 1740
Cette montre en laiton doré, à mouvement remonté par l'avant, présente un échappement expérimental unique, ce qui en fait une pièce d'un grand intérêt technique et historique. La platine cadran, d'un diamètre de 35,5 mm, est élégamment logée dans une boîte argentée au fond, offrant une combinaison harmonieuse de matériaux et de finitions.
Le coq, petit et orné d'« oreilles » proéminentes, est une caractéristique distinctive de la période de la Régence française ; il est méticuleusement réalisé en acier. Le balancier, en laiton, est accompagné d'un ressort plat en acier bleui, qui témoigne de la précision et du souci du détail de l'époque. Le cadran de réglage argenté ajoute une touche de raffinement et complète l'esthétique soignée de la montre.
Le mouvement, composé de deux platines, est séparé par des piliers balustres courts et carrés, un choix de conception qui reflète la robustesse et l'élégance de l'horlogerie de l'époque. La platine arrière, gravée « Pfeñinger » et numérotée « No. 657 », ajoute authenticité et valeur historique à l'exemplaire.
Bien que le cadran manque, cette montre remarquable se distingue par la combinaison harmonieuse de composants traditionnels et novateurs, représentant la transition et l'évolution technique de l'horlogerie de l'époque. L'intégration d'un échappement expérimental à des éléments classiques souligne la recherche incessante de précision et d'innovation, faisant de cette montre un véritable chef-d'œuvre d'ingénierie horlogère.
L'échappement horizontal unique à double roue de Pfenninger :

Un échappement expérimental unique : une simplification de l'innovation de Pierre Le Roy
L'échappement expérimental de ce mouvement est une simplification remarquable du développement réalisé par Pierre Le Roy, le fils. Il s'agit d'un échappement horizontal novateur composé de deux roues : la roue supérieure agit sur une palette, de manière semblable aux échappements à roue de rencontre, tandis que la roue inférieure, dépourvue de pivots verticaux, agit sur un cylindre. Cette configuration unique associe des éléments des échappements à cylindre et duplex, créant une synthèse élégante et fonctionnelle.
La montre numéro 3449 de Pierre Le Roy, datée de 1759, présente un système comparable, mais aux fonctions inversées : la roue supérieure, munie de pivots verticaux, agit sur un cylindre, tandis que la roue inférieure agit sur une palette. La ressemblance entre ces deux systèmes suggère une possible interaction entre les horlogers.
Il est peu probable que cet échappement ait été conçu de façon indépendante à la fois par l'un des horlogers français les plus inventifs et par un artisan suisse relativement inconnu. Il est possible que Pfenninger ait connu Pierre Le Roy, voire qu'il ait été son apprenti. Toutefois, aucun document historique ne confirme cette hypothèse, ce qui laisse ce lien dans le domaine de la spéculation.
En associant des éléments des échappements à cylindre et duplex, cet échappement expérimental illustre la recherche continue d'innovation et d'efficacité dans l'horlogerie du XVIIIe siècle. L'interaction entre tradition et expérimentation technique reflète l'évolution dynamique de l'art horloger, où des maîtres comme Pierre Le Roy et des artisans comme Pfenninger ont contribué à des avancées importantes, même si les relations directes entre eux restent entourées de mystère.
Johann Conrad Pfenninger : un horloger et graveur d'excellence à Zurich
Johann Conrad Pfenninger (1725 – 1795) fut un horloger et graveur de premier plan, remarquable par son talent et par son engagement politique à Wollishofen, Zurich, entre 1777 et 1782. Reconnu comme l'un des derniers horlogers zurichois à fabriquer entièrement ses propres montres, Pfenninger intégra à ses créations des caractéristiques techniques uniques, qui leur confèrent une place particulière dans l'histoire de l'horlogerie.
Les œuvres de Johann Conrad Pfenninger sont souvent signées « Pfenninger Zürich », « Pfeñinger », « Pfeñinger Zürich » ou « Pfeñinger à Zürich », reflétant son identité et son excellence. En 1760, il prit comme apprenti Johann Sebastian Clais, originaire de Winterthour, transmettant ainsi son savoir et son savoir-faire aux générations futures. On connaît plusieurs montres de poche créées par Pfenninger, qui témoignent de sa maîtrise et de son esprit d'innovation.
Johann Conrad avait un cousin, Johann Caspar Pfenninger, qui exerça lui aussi l'art horloger à Zurich. Les créations de Johann Caspar sont signées « Caspar Pfenninger Zürich », « Caspar Pfeñinger à Zürich » ou « JC Pfenninger à Zürich ». Les deux Pfenninger contribuèrent de manière significative à la tradition horlogère zurichoise, chacun laissant sa propre empreinte dans l'histoire.
Expansion vers l'Orient
Fabricant inconnu, Suisse pour le marché chinois, 1770
Montre en or à boîte émaillée : un exemple d'élégance et de symbolisme
Cette montre en or, à la construction minutieuse, se distingue par son mouvement à pont unique, remonté par l'avant, à échappement à roue de rencontre, en laiton doré. Bien que de construction simple à la française, le mouvement est remarquablement compact, reflétant le savoir-faire technique de l'époque.
Le cadran, en laiton émaillé blanc, présente des chiffres arabes nets et d'élégantes aiguilles « Breguet » en laiton, alliant fonctionnalité et esthétique raffinée. La lunette, qui s'ouvre en appuyant sur un petit bouton situé sur le pendant, est délicatement émaillée de tons bleus et ornée d'un « col blanc »[2] imitant des perles, ce qui ajoute une touche d'opulence et de détail artistique.
Le fond de la boîte est une œuvre d'art en soi, ciselée avec précision pour représenter trois phénix dans une scène comprenant un pin et de la végétation basse. Cette iconographie est riche en symbolisme culturel chinois. Les phénix (traditionnel : 鳳凰, simplifié : 凤凰 ; fènghuánɡ) symbolisent la vertu, le devoir, la conduite juste, l'humanité et la fiabilité – les Cinq Qualités Humaines –, ainsi que la force, la résilience, la chance et l'opportunité. Dans la culture chinoise, les phénix sont vénérés comme les plus importants des animaux ailés, symbole de renaissance et d'éternité. Le pin, quant à lui, est un puissant symbole de longévité, connu pour sa résistance et sa pérennité, symbolisant une vie longue et prospère.
Cette montre n'est pas seulement un exemple de précision technique et de beauté esthétique : elle est aussi porteuse d'un profond symbolisme culturel, unissant art et fonctionnalité dans une pièce qui transcende le temps.
Les horlogers européens et l'art de l'adaptation culturelle dans les montres de luxe

Dès le début du XVIe siècle, quelques habiles horlogers européens orientèrent leurs talents vers la création de montres destinées au prospère Empire ottoman. Ces maîtres horlogers adaptèrent leurs créations aux spécificités culturelles de l'Empire, réalisant des cadrans et des régulateurs numérotés en écriture turque. De nombreux artisans de centres horlogers comme Blois et Genève s'établirent à Constantinople pour répondre à la demande croissante de ces pièces exclusives.
À la fin du XVIIIe siècle, une nouvelle tendance apparut au sein de l'élite chinoise : un intérêt croissant pour les montres européennes. Les nobles chinois de l'époque commencèrent à commander des montres qui non seulement remplissaient leur fonction pratique, mais étaient aussi ornées de décors de style chinois. Les boîtes de ces montres présentaient souvent des représentations de la mythologie chinoise ou des décors symboliques d'une profonde signification. L'émaillage, surtout lorsqu'il était brillant et raffiné, devint très prisé en Chine, reflétant le goût pour un art minutieux et détaillé.
À mesure que le XIXe siècle avançait, un changement plus radical intervint dans les cadrans des montres commandées par les Chinois. Désormais, au lieu des traditionnels chiffres romains ou arabes, les cadrans commencèrent à porter l'élégante écriture chinoise, ajoutant une touche d'authenticité culturelle à ces pièces de luxe.
Ainsi, l'histoire de l'horlogerie européenne destinée à l'Empire ottoman et à l'élite chinoise n'est pas seulement un récit de commerce et de production, mais aussi un témoignage de la capacité des horlogers à s'adapter et à s'intégrer à des contextes culturels divers. Cette fusion des techniques horlogères européennes avec les styles et symboliques culturels locaux a non seulement enrichi le marché mondial des montres de luxe, mais a aussi établi un héritage d'art et d'innovation qui perdure jusqu'à nos jours.
Etienne Gille, Genève, vers 1788
Cette montre en laiton doré présente un mouvement à remontage par l'avant et un échappement de Pouzait extrêmement rare. Avec une généreuse platine cadran de 47,2 mm de diamètre et une épaisseur totale d'environ 14,2 mm, axe central compris, le mouvement est un chef-d'œuvre de construction à deux platines séparées par des piliers courts et ronds, remarquable par sa complexité et son exclusivité.
Le cadran en cuivre émaillé apporte une élégance unique, avec des cadrans auxiliaires décentrés qui non seulement indiquent les heures et les minutes avec précision, mais affichent aussi les secondes mortes avec une subtilité raffinée. Ce cadran est signé « Etienne Gille », témoignage de l'expertise et de l'exigence d'excellence de cette extraordinaire pièce d'horlogerie.
L'échappement Pouzait : un héritage de précision en horlogerie
Jean Moïse Pouzait (1743 – 1793), illustre horloger genevois, joua un rôle fondamental dans l'évolution des montres à secondes mortes (aiguille des secondes avançant par sauts plutôt que de façon continue). Au cours du dernier quart du XVIIIe siècle, plusieurs maîtres horlogers se consacrèrent à la création de montres à secondes mortes au centre, une caractéristique très appréciée tant par la communauté scientifique que par le marché chinois.
Pouzait se distingua en mettant au point une solution novatrice avec l'échappement à ancre, accompagné d'un grand balancier battant la seconde. Malgré sa sensibilité à l'inertie, la conception spectaculaire de l'échappement de Pouzait séduisit des admirateurs en Chine, précédant l'invention de l'échappement « duplex chinois »[3] par Jacot. Cette dernière avancée permit de produire à moindre coût des montres à secondes mortes au centre.
En 1786, Pouzait présenta un modèle de son échappement à la Société des Arts de Genève, où il est toujours conservé dans sa collection. Le concept de Pouzait dérivait apparemment de l'échappement « à girouette »[4], mais avec des différences notables : les palettes n'étaient pas de simples goupilles, mais de petites dents rectangulaires semblables à des pivots, ce qui en faisait un échappement à « levée divisée »[5].
Jacques – Frédéric Houriet 25.02.1743 – 12.01.1830

L'influence de Jacques-Frédéric Houriet
Jacques-Frédéric Houriet, né en 1743 à La Chaux d'Abel, près de La Ferrière, en Suisse, est une figure majeure de l'histoire de l'horlogerie. Son parcours professionnel commença en 1759, lorsqu'il devint l'apprenti d'Abraham Louis Perret-Jeanneret, ce qui dément la croyance populaire selon laquelle il aurait été formé par Perrelet. Entre 1759 et 1768, Houriet perfectionna ses compétences à Paris sous la tutelle de Pierre Le Roy, fils du célèbre Julien Le Roy. Bien que Julien soit décédé peu après l'arrivée de Houriet, celui-ci poursuivit sa formation sous la direction de Pierre Le Roy et de Ferdinand Berthoud, en collaborant étroitement avec Pierre Louis Berthoud, neveu de Ferdinand.
À Paris, Houriet noua des liens importants avec des figures éminentes de l'horlogerie, comme Abraham-Louis Breguet, Jean Romilly, Antide Janvier et Louis Recordon. Après avoir achevé sa formation dans la capitale française, Houriet revint en Suisse en 1768 et s'établit au Locle. Il travailla d'abord aux côtés de son frère et de ses deux sœurs, puis devint l'associé de David Courvoisier dans la maison « Courvoisier & Fils », rebaptisée plus tard « Courvoisier & Houriet ».
La Révolution française posa d'importants défis aux affaires de Houriet, mais lui offrit aussi des occasions uniques. Durant cette période tumultueuse, il collabora avec Abraham-Louis Breguet, alors exilé, contribuant au développement de la célèbre montre « souscription » de Breguet.
En 1797, le Danois Urban Jürgensen rejoignit Houriet comme employé et apprenti. Jürgensen travailla ensuite avec Abraham-Louis Breguet à Paris et avec John Arnold à Londres, puis épousa Sophie-Henriette, la fille de Houriet.
Les guerres napoléoniennes apportèrent de nouveaux défis, mais Houriet persévéra et tenta d'intégrer son fils dans l'entreprise, sans toutefois obtenir le succès escompté.
En 1818, à l'âge de 75 ans, Jacques-Frédéric Houriet décida de continuer à travailler seul, faisant preuve d'un dévouement inébranlable et d'une passion intacte pour l'art horloger.

Jacques-Frédéric Houriet est une figure emblématique de l'histoire de l'horlogerie suisse, célèbre pour la fabrication de chronomètres de poche et de mouvements sur mesure pour d'illustres horlogers comme Abraham-Louis Breguet, Louis Berthoud, Louis Recordon et Robert Roskell. Même à un âge avancé, Houriet resta résolument attaché à l'expérimentation et à la recherche, contribuant de façon remarquable aux fondements de l'isochronisme, de la compensation thermique et des effets du magnétisme sur les chronomètres.
Vers 1814, Houriet introduisit les spiraux sphériques pour chronomètres, une innovation qui illustre la quête incessante de précision et d'efficacité en horlogerie. Son travail minutieux et ses apports techniques posèrent les fondations de la chronométrie suisse, ce qui lui valut le titre de fondateur de cette discipline.
Au-delà de ses réalisations techniques, Houriet fut largement reconnu par la communauté scientifique et artistique. Il était membre de la prestigieuse Académie des sciences de Paris et membre honoraire de la Société des Arts de Genève, ce qui reflète son influence et sa reconnaissance internationales.
La vie et l'œuvre de Jacques-Frédéric Houriet demeurent une source d'inspiration dans l'art horloger et incarnent l'alliance de l'innovation technique et de la recherche de la perfection qui caractérise la tradition suisse. Son héritage témoigne de l'excellence et de la passion qui animent le développement continu de la chronométrie, et garantit que son nom reste indissociablement lié à l'histoire de l'horlogerie mondiale.
Jacques – Frédéric Houriet, Le Locle, no 12, 1790
Nous présentons un magnifique exemplaire d'horlogerie en laiton doré, témoignant de la maîtrise incomparable de Jacques-Frédéric Houriet. Cette superbe montre de poche présente un mécanisme sophistiqué de « thermomètre à bras multiples »[6], qui se distingue par l'utilisation d'une fine demi-lame bimétallique et d'un système de transmission à crémaillère et pignon, habilement complété par un ressort de rappel en spirale. Le cadran, en cuivre émaillé d'un blanc pur, porte une échelle de température graduée en degrés Réaumur, ornée de chiffres arabes élégamment disposés.
Gracieusement signé en cursive « Fred: (eric) Houriet » et numéroté « No. 12 » sous la signature, ce cadran reflète la précision et le souci du détail qui sont la marque des créations de Houriet. L'aiguille, remarquablement fine, est méticuleusement forgée en acier bleui, illustrant l'excellence technique et le souci du détail propres au maître horloger.
La boîte, en argent poli, est ornée d'un motif d'étoile finement gravé au dos, ajoutant une touche de raffinement et d'élégance à l'ensemble. Avec un diamètre total de 63 mm, cette montre dépasse sa fonction de simple instrument de mesure pour s'affirmer comme une véritable œuvre d'art. Elle incarne non seulement l'innovation technique, mais aussi l'esthétique raffinée du XVIIIe siècle, alliant à la perfection fonctionnalité et élégance.
Jacques-Frédéric Houriet : le pionnier de la chronométrie et ses collaborations novatrices
Jacques-Frédéric Houriet, tout comme son contemporain Abraham-Louis Breguet, était un horloger expérimentateur, recherchant inlassablement la précision maximale et adoptant une approche scientifique de l'horlogerie. Cette quête commune d'excellence technique scella entre eux une profonde amitié au fil des années. Houriet collabora avec Breguet pendant l'exil de ce dernier en Suisse, entre 1793 et 1795, consolidant encore ce partenariat remarquable.
Les manuscrits de Houriet, datés de 1777, présentaient déjà le concept d'une montre à aiguille unique, réduisant au minimum le nombre de pièces – l'idée même qui allait inspirer les célèbres montres « souscription » de Breguet. En observant attentivement le thermomètre de poche de Houriet, antérieur de quelques années aux montres « souscription » de Breguet, on constate des similitudes significatives dans la construction et les matériaux utilisés. Les premières boîtes des montres « souscription » étaient toutes en argent, comme la boîte du thermomètre, et la disposition du cadran, la taille générale et l'utilisation d'une aiguille unique étaient également semblables.
Le thermomètre de poche de Houriet mentionné plus haut est unique en son genre, numéroté et conserve l'ancien système de demi-lame bimétallique repliée en double, avec une crémaillère et une entretoise stabilisatrice centrale, ainsi qu'un évidement dans la platine pour la crémaillère. Les versions ultérieures sont dépourvues de ces éléments et présentent une construction plus simplifiée. La littérature de référence attribue souvent l'invention du thermomètre bimétallique à Urban Jürgensen, mais cette affirmation manque de preuves solides. Il est établi que Frédéric Houriet explorait déjà les propriétés physiques des lames bimétalliques bien avant Jürgensen, comme en témoignent ses notes manuscrites.
La lame bimétallique, essentielle pour les balanciers à compensation thermique des chronomètres, fut introduite par Houriet vers 1790. Cette date est confirmée par un thermomètre de poche semblable, également de Houriet, vendu aux enchères chez Sotheby's en 2010. La déformation de la lame bimétallique en fonction de la température était transmise par un simple agencement de crémaillère et de roues, qui actionnait une aiguille unique indiquant la température en degrés Réaumur. Houriet préconisait que les boîtes de ces thermomètres soient en argent, pour une meilleure transmission de la température à la demi-lame bimétallique, et que l'aiguille soit aussi légère et équilibrée que possible.
Vers 1801, Urban Jürgensen simplifia le système de Houriet en modifiant la forme de la lame bimétallique et produisit ses propres thermomètres de poche, signés 'invenit et fecit'. Breguet, de son côté, adopta le système et le perfectionna encore, en ajoutant une seconde crémaillère pour une transmission plus précise de la demi-lame bimétallique. La version simplifiée de Jürgensen fut miniaturisée par Houriet et incorporée dans des montres de poche de haute qualité, par lui-même comme par d'autres fabricants, comme dans la célèbre Breguet no 160, la « Marie-Antoinette ».
L'échelle Réaumur : une relique de l'histoire de la température

L'échelle Réaumur (°Ré, °Re, °R), également appelée « division octogésimale », est une vénérable échelle de température dans laquelle les points de congélation et d'ébullition de l'eau sont fixés à 0 et 80 degrés. Proposée initialement par René Antoine Ferchault de Réaumur en 1731, cette échelle fut largement acceptée et utilisée en Europe, notamment dans des pays comme la France, l'Allemagne et la Russie.
Dans les années 1790, la France, en adoptant officiellement l'échelle Celsius dans le cadre du système métrique, relégua l'échelle Réaumur à un rôle secondaire. Cependant, son influence persistante et son acceptation régionale lui permirent de rester en usage dans certaines parties de l'Europe jusqu'au milieu du XIXe siècle.
Bien que l'échelle Réaumur ait aujourd'hui peu d'applications, elle reste utilisée dans des niches spécifiques de l'industrie alimentaire. Dans la fabrication traditionnelle de fromages, comme le « Parmigiano Reggiano » en Italie et les fromages suisses des Alpes, l'échelle sert à mesurer la température du lait, une étape cruciale du processus de fabrication. Aux Pays-Bas, elle est employée pour la cuisson du sirop de sucre, essentiel à divers desserts et confiseries.
Le passage de l'échelle Réaumur à d'autres échelles de température, comme Celsius et Fahrenheit, dans les domaines de la science et de la technologie reflète l'évolution des étalons de mesure. L'échelle Réaumur n'en demeure pas moins un témoignage de la riche histoire de la thermométrie et du développement scientifique européen. Elle représente un jalon important dans la chronologie de la science thermométrique, nous rappelant l'ingéniosité et l'esprit d'innovation des scientifiques du XVIIIe siècle.
Notes
[1] L'« échappement Pouzait » est un type d'échappement de montre mis au point par Jean-Moïse Pouzait, horloger suisse du XVIIIe siècle. Cet échappement se distingue par son caractère novateur et par l'influence qu'il a eue sur le développement de l'horlogerie à l'époque.
Voici les principaux points concernant l'« échappement Pouzait » :
Innovation dans la conception : L'échappement Pouzait a introduit une nouvelle approche dans la conception des échappements. Contrairement aux échappements à cylindre et à ancre, l'échappement Pouzait offrait une meilleure précision et une plus grande fiabilité aux montres.
Fréquence constante : Cet échappement contribuait à maintenir une fréquence d'oscillation constante, ce qui était crucial pour la précision de la montre. La constance de la fréquence d'oscillation réduisait les erreurs de marche, fréquentes avec d'autres types d'échappements.
Frottement réduit : L'un des avantages de l'échappement Pouzait était la réduction du frottement entre les pièces mobiles du mécanisme. Moins de frottement signifiait moins d'usure des pièces et un besoin d'entretien réduit.
Production limitée : Malgré ses avantages, l'échappement Pouzait n'a pas été largement adopté, peut-être en raison de la complexité de sa production et de la précision exigée pour la fabrication des pièces.
Influence historique : Bien qu'il ne soit pas devenu un standard en horlogerie, l'échappement Pouzait a influencé le développement d'autres types d'échappements et a contribué à promouvoir l'innovation technique dans ce domaine.
En résumé, l'« échappement Pouzait » représente une avancée importante dans l'histoire de l'horlogerie, en apportant des améliorations à la précision et à la fiabilité des montres de l'époque. Bien qu'il n'ait pas été largement utilisé, sa conception novatrice a influencé les innovations ultérieures dans la technologie des échappements.
[2] Dans des contextes liés à des objets, comme les boîtes de montres ou d'autres accessoires, le « col blanc » désigne une technique décorative qui imite l'éclat et l'aspect des perles. Dans le cas précis de cette montre, le col blanc imitant des perles décrit une décoration dans laquelle la matière ou l'émail utilisé sur la boîte est travaillé de manière à rappeler visuellement l'éclat et la texture des perles. C'est une technique courante en joaillerie et en orfèvrerie pour créer un effet esthétique élégant et luxueux.
[3] L'échappement « duplex chinois » est un mécanisme qui permet à l'aiguille des secondes d'avancer à intervalles réguliers d'une seconde, imitant le comportement des montres à quartz et offrant une plus grande précision.
[4] L'échappement « à girouette » est un mécanisme ancien utilisé dans les montres pour réguler la libération de l'énergie mais, contrairement aux échappements ultérieurs, il ne possédait pas d'action de sécurité.
[5] Un échappement à « levée divisée » (ou « divided lift escapement » en anglais) est un type de mécanisme d'échappement en horlogerie dans lequel la levée (lift) est répartie entre différentes parties du mécanisme. Pour mieux le comprendre, il est utile d'expliquer quelques termes de base relatifs aux échappements en horlogerie :
Échappement : Mécanisme qui contrôle la libération de l'énergie du mouvement d'une montre, en transformant un mouvement continu en impulsions.
Levée (Lift) : Phase du cycle de l'échappement au cours de laquelle la roue d'échappement pousse la palette, transmettant de l'énergie au balancier (oscillateur) et entretenant son mouvement.
Dans le cas de l'échappement à levée divisée, cette phase de transmission de l'énergie est répartie entre différents éléments ou différentes phases du mécanisme, au lieu de se produire en une seule fois en un point de contact unique. Il peut en résulter un fonctionnement plus doux et mieux maîtrisé de l'échappement, ce qui peut améliorer la précision de la montre.
Dans le contexte de l'échappement de Pouzait :
Palettes : Les composants qui interagissent avec la roue d'échappement. Dans le mécanisme de Pouzait, les palettes ne sont pas de simples goupilles, mais de petites dents rectangulaires semblables à des goupilles, qui divisent la levée.
Cette conception particulière de l'échappement de Pouzait a permis une régulation plus précise de la libération de l'énergie, contribuant au mouvement des secondes mortes, dans lequel l'aiguille des secondes avance par incréments réguliers d'une seconde.
En résumé, un « échappement à levée divisée » est une configuration dans laquelle la phase de levée de l'échappement est segmentée, répartissant le travail de transmission de l'énergie d'une manière qui peut aboutir à un mouvement plus précis et plus efficace.
[6] L'expression « mécanisme de thermomètre à bras multiples » désigne un système perfectionné qui utilise plusieurs leviers ou bras pour mesurer la température avec précision. Ce mécanisme permet une plus grande sensibilité et une plus grande précision de mesure, essentielles pour les montres de haute qualité.





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