Le XVIIIe siècle, le siècle des grands horlogers (4e partie)
Par : Sílvio Pereira

Dans cette 4e partie, nous conclurons l'apport des extraordinaires artisans anglais à l'histoire de l'horlogerie et des horlogers du XVIIIe siècle, un fait d'une importance primordiale pour son évolution.
Aujourd'hui, nous explorerons en détail les parcours et les héritages de deux maîtres horlogers : John Arnold et Thomas Earnshaw. Ces artisans, animés par la recherche inlassable d'une méthode plus exacte pour déterminer la longitude, ont produit des chefs-d'œuvre d'horlogerie. Certaines de ces pièces ont survécu au passage des siècles et peuvent aujourd'hui être admirées dans les musées les plus prestigieux du monde. Ils n'ont pas seulement créé des montres d'une précision exceptionnelle : ils ont aussi perfectionné des composants vitaux, comme les systèmes de balancier et d'échappement. Nous osons dire que c'est cet engagement dans la recherche de la précision pour la mesure de la longitude qui a impulsé l'évolution significative de la chronométrie, dont nous profitons encore aujourd'hui des bienfaits. Reste cette réflexion : sans cette recherche incessante, la précision horlogère que nous connaissons aujourd'hui serait-elle aussi avancée ?
Note : dans la 5e partie, nous commencerons une série d'articles où nous analyserons le grand apport des horlogers français à l'histoire et à l'évolution de l'horlogerie au cours de ce siècle.
John Arnold 1736 – 1799

John Arnold fut un horloger prestigieux né dans la pittoresque région de Cornouailles, en Angleterre, où il commença son parcours comme apprenti sous la conduite de son père. Il est très probable qu'il ait perfectionné ses compétences en travaillant avec son oncle, un armurier de talent. Vers 1755, il quitta l'Angleterre et chercha de nouvelles expériences comme horloger à La Haye, en Hollande, avant de regagner son pays d'origine environ deux ans plus tard, vers 1757.
C'est en 1762 que le destin d'Arnold croisa celui de William McGuire, pour qui il répara habilement une montre à répétition. Son adresse impressionna McGuire au point que celui-ci lui accorda un prêt, ce qui lui permit de s'établir comme horloger indépendant. En 1764, Arnold eut l'honneur de présenter au roi George III une remarquable montre à répétition au demi-quart, admirablement petite, équipée d'un échappement à cylindre et montée sur une bague[1].
Il existe encore aujourd'hui un exemplaire semblable à la montre d'Arnold. Il importe de noter que le mouvement de base de cette montre était d'origine suisse, mais qu'il fut perfectionné et terminé à Londres. Plus tard, le mécanisme d'échappement fut affiné par l'introduction de l'un des premiers cylindres en rubis, ainsi nommé parce qu'il comportait un rubis dans sa composition.
Vers 1768, Arnold fabriqua une autre montre pour le roi, cette fois un exemplaire à boîte en or et émail, dont le mouvement présentait toutes les caractéristiques raffinées de l'époque, notamment une répétition minutes et une trotteuse centrale. Arnold y ajouta un mécanisme bimétallique de compensation thermique, dans lequel les trous de pivots étaient ornés de pierres précieuses, et l'échappement possédait un cylindre en rubis ou en saphir. Arnold classa la montre comme « Numéro 1 », une pratique qu'il adoptait pour toutes les montres qu'il produisait et jugeait remarquables, soit au total vingt exemplaires fabriqués avec ces caractéristiques.
Entre 1765 et 1770, certaines des premières créations d'Arnold firent preuve d'une originalité et d'une créativité remarquables. Parmi elles se distingue une montre extraordinaire, au design singulier et aux caractéristiques surprenantes.
Ce remarquable objet horloger comportait un système de trotteuse centrale (remise en place ultérieurement, et le cadran remplacé) que l'on pouvait actionner en appuyant sur le pendant une fois par jour. Le mécanisme, en plus d'être une véritable œuvre d'art, était richement décoré de pierres précieuses (environ 25) et comprenait un dispositif de compensation thermique. Il possédait un échappement à cylindre d'origine en rubis.
Outre son raffinement esthétique, l'exemplaire « Numéro 1 » représente un jalon important de l'histoire de l'horlogerie : ce fut le premier mouvement connu à se passer d'une clé de remontage conventionnelle. Le ressort moteur, daté de 1766, constitue une avancée significative à cet égard et lui confère une remarquable innovation technique.

L'habileté et le talent d'Arnold attirèrent l'attention de l'illustre astronome royal Neville Maskelyne, qui cherchait alors un horloger d'une extrême compétence pour reproduire le célèbre chronomètre de marine de John Harrison.
Toutefois, bien qu'Arnold eût éveillé l'attention de Neville, ce fut Larcum Kendall qui se montra disposé à relever le défi et consacra deux années de dur labeur à la création d'une réplique du K1 (fait déjà mentionné dans un article précédent). Le résultat obtenu fut semblable à l'original, bien que le projet ait exigé un coût important de 450 livres, une somme considérable pour l'époque.
L'Amirauté, pour des raisons évidentes, souhaitait équiper tous ses principaux navires d'un chronomètre fiable. Cependant, bien que le K1 fût considéré comme un chronomètre de précision, la création de Kendall était trop onéreuse et trop longue à réaliser pour être fabriquée à grande échelle. Face à cette demande, il conçut en 1771 une version simplifiée, le K2, qui supprimait le système compliqué de remontage. Pourtant, même avec cette modification, le résultat restait coûteux et moins précis si on le comparait à l'excellence de l'original conçu par Harrison.
Rétrospectivement, il importe de souligner la signification d'un événement survenu en 1767 : Neville Maskelyne offrit à John Arnold un exemplaire des « Principes de Mr. Harrison's Timekeeper » dès sa publication, montrant ainsi son intention de l'encourager à mettre au point un chronomètre semblable, de haute précision.
Vers 1770, Arnold accomplit une prouesse remarquable dans l'histoire de la chronométrie : un chronomètre de précision portable. Cette création survint peu après que John Harrison eut achevé son travail pionnier dans ce domaine. Cependant, contrairement à la montre complexe et coûteuse de Harrison, la conception de base d'Arnold était simple, mais constante dans sa précision et dotée d'un mécanisme fiable.
Il convient de noter que le projet relativement simple et conventionnel du chronomètre d'Arnold rendit possible une production à grande échelle à un prix raisonnable, tout en facilitant l'entretien et le réglage.
Trois éléments primordiaux furent déterminants pour cette réussite :
• Échappement : un échappement séparé avec une interférence minimale sur la serge et le spiral ;
• Balancier : une conception de balancier permettant de compenser l'effet de la température sur le spiral ;
• Spiral : une méthode de réglage du spiral permettant au balancier d'osciller en des périodes de temps égales, même à travers différents degrés d'arc.
Après avoir réalisé quelques pièces expérimentales, Arnold produisit en mars 1771 ce que l'on pourrait considérer comme un modèle de production pour le Bureau des longitudes britannique. Cette pièce différait totalement de la montre de Harrison. Bien que relativement simple, elle était d'une taille comparable, avec un balancier de diamètre semblable. La différence radicale résidait toutefois dans un échappement de conception nouvelle, doté d'une détente articulée placée horizontalement. Cette innovation permettait au balancier de se mouvoir librement, sauf lorsqu'il était retenu par la roue d'échappement.
En outre, la serge du balancier comportait un dispositif de compensation thermique ressemblant au balancier bimétallique en laiton et en acier utilisé par Harrison. Arnold proposa de vendre chacun de ces chronomètres 60 guinées.

Comme preuve de leur qualité, trois de ces chronomètres accompagnèrent les explorateurs capitaine James Cook et capitaine Furneaux lors du second voyage dans le Pacifique Sud, entre 1772 et 1775.
En 1773, le capitaine Constantine Phipps entreprit une remarquable expédition au pôle Nord, au cours de laquelle il emporta non seulement le célèbre chronomètre de poche d'Arnold, mais aussi un autre chronomètre de poche sophistiqué, également d'Arnold, à boîte montée sur gimbals, ainsi que le célèbre chronomètre « K2 » de Kendall.
D'après le récit de Phipps, il est évident que la montre de poche offrit des performances exceptionnelles et devint un outil indispensable pour déterminer la longitude au cours de ses explorations.

Il est probable qu'avant 1775, les premiers chronomètres de poche conçus par Arnold aient été des modèles simples, à trotteuse centrale.
Cependant, en 1772, Arnold acheva un projet plus avancé de chronomètres de poche et lança une production en série avec un calibre de mouvement standardisé d'environ 50 mm de diamètre. Cette dimension était supérieure à celle des montres conventionnelles de l'époque, et le chronomètre présentait une caractéristique remarquable : un échappement à détente pivotante[2], associé à une compensation sophistiquée à spiral en demi-jonc[3] pour une meilleure précision.
Cependant, cette innovation ne se révéla pas aussi efficace qu'espéré, ce qui entraîna apparemment une baisse substantielle du rythme de production.
De 1772 à 1778, Arnold mit au point plusieurs modèles de chronomètres de poche. Il continuait néanmoins à expérimenter différentes méthodes de compensation et de réglage du spiral, ce qui représentait un défi important. Le problème le plus difficile était de trouver un moyen efficace et réglable de faire face aux variations de température. En raison de contraintes techniques, la compensation thermique devait être intégrée au balancier lui-même, au lieu d'agir directement sur le spiral.
En 1775, Arnold breveta un nouveau type de balancier à serges bimétalliques. Ces serges actionnaient deux bras lestés, les déplaçant alternativement vers le centre et hors de celui-ci, ce qui modifiait le rayon de giration du balancier et, par conséquent, la période d'oscillation.
Dans le même brevet, Arnold introduisit un spiral hélicoïdal innovant. Cette découverte réduisit la poussée latérale sur les pivots pendant la rotation et diminua les erreurs d'imprécision causées par ce que l'on appelle l'« effet du point d'attache », qui affecte tout balancier équipé d'un spiral plat.
Dans une lettre concise adressée au Bureau des longitudes en 1782, Arnold affirma : « … l'énergie dans tous les cycles du ressort est uniforme », faisant preuve d'une remarquable perspicacité en reconnaissant les avantages techniques d'un balancier doté de ce type de spiral.
Entre 1772 et 1775, Arnold fabriqua environ trente-cinq chronomètres de poche, bien que dix seulement aient survécu, et aucun sous sa forme d'origine, car Arnold mettait constamment à jour les spécifications.
Au départ, ces chronomètres possédaient un échappement à détente articulée, un balancier en acier et un spiral hélicoïdal. Les chronomètres de cette série qui existent encore comprennent les numéros 3, 28 et 29.
Les expériences et les inventions d'Arnold aboutirent à une avancée significative à la fin des années 1770.

Arnold restructura le balancier de compensation et mit au point deux projets prometteurs, connus sous le nom de balanciers « double T » et « double S », comme le documente son brevet de 1782. Tous deux utilisaient des lames bimétalliques en laiton et en acier avec des masses ajoutées, qui modifiaient le rayon de giration sous l'effet des changements de température. Bien que ces projets aient probablement nécessité des réglages considérables, ils offrirent des performances nettement supérieures aux précédentes tentatives de balancier de compensation.
Vers 1777, Arnold reconfigura le chronomètre, en augmentant sa taille pour accueillir le nouveau balancier « T », qui fonctionnait avec l'échappement à détente articulée et le spiral hélicoïdal déjà breveté. Le premier chronomètre de ce modèle fut signé de l'inscription « Invenit et Fecit » (inventer et faire) et reçut le numéro fractionnaire 1/36, car il représentait le premier exemplaire de ce nouveau design.

Cette montre est largement connue sous le nom de « Arnold 36 » et elle fut, en effet, la première à laquelle Arnold attribua le terme de « chronomètre », une désignation qui se popularisa par la suite et finit par englober toute montre de haute précision.
Pendant une période de treize mois, le Royal Observatory de Greenwich soumit l'« Arnold 36 » à une série d'essais minutieux. Les examinateurs la placèrent dans différentes positions, l'utilisèrent et la transportèrent même. Étonnamment, elle dépassa toutes les attentes, en faisant preuve d'une précision remarquable.
Bien qu'elle ait présenté une erreur de marche de 2 minutes et 32,2 secondes, l'erreur fut ramenée à seulement une minute à la fin des neuf mois suivants. Par la suite, le plus grand écart enregistré sur une période de 24 heures fut de quatre secondes à peine, ce qui est comparable au parcours d'un mille marin le long de l'équateur.
Arnold consigna minutieusement l'essai et les résultats dans une brochure, en fournissant des témoignages de véracité de toutes les personnes ayant participé aux essais.
Les performances extraordinaires de cette montre suscitèrent des controverses, car beaucoup soupçonnèrent que les résultats étaient dus au hasard ou à une forme de fraude, d'autant plus que Maskelyne, l'un des protecteurs d'Arnold, était impliqué dans ce projet.
Du point de vue technique, la conception fit preuve d'une cohérence totale et d'une précision exceptionnelle sur de longues périodes. Arnold comprit sans aucun doute et appliqua avec maestria les leçons transmises par Harrison, en adoptant un magnifique balancier associé à un oscillateur très rapide (18 000 alternances par heure) employant de petits pivots. L'échappement conçu par Arnold réduisit quant à lui toute interférence avec le délicat spiral hélicoïdal, car la compensation thermique était intégrée au balancier lui-même. Harrison avait suggéré une telle approche comme condition préalable, bien qu'il n'ait jamais exploré cette idée dans sa totalité. L'échappement à détente, avec pivots, conçu par Arnold se passait d'huile sur les surfaces de travail et présentait en outre l'avantage de maintenir une marche stable pendant de longues périodes, sans dégradation. Il convient toutefois de noter qu'à cette époque, on utilisait de l'huile végétale, dont la dégradation était nettement plus rapide que celle des lubrifiants minéraux modernes.
Ce chronomètre, de 60 mm de diamètre, est logé dans une boîte en or, où il s'est extraordinairement conservé dans un parfait état d'origine.
Harrison comme Arnold démontrèrent que la précision d'une montre exigeait un diamètre considérable. Ainsi, à la fin du XVIIIe siècle, une montre de grandes dimensions était considérée comme la principale caractéristique d'une qualité supérieure.
Cependant, le succès d'Arnold dans le perfectionnement de la technologie du chronomètre grâce à des techniques simples mais efficaces permit également à d'autres horlogers de copier et d'utiliser ces techniques sans autorisation. C'est pourquoi Arnold décida de retirer ses brevets, permettant ainsi le partage des connaissances.
Deux autres fabricants, Josiah Emery et John Brockbank, produisirent eux aussi des montres de précision utilisant des échappements séparés. Tous deux étaient amis d'Arnold et pouvaient compter sur le très grand savoir-faire de Thomas Earnshaw, éminent fabricant d'échappements. Josiah Emery, avec l'autorisation d'Arnold, utilisa une version antérieure du balancier de compensation et du spiral hélicoïdal, associée à l'échappement à ancre libre de Thomas Mudge et John Brockbank. De son côté, John Brockbank engagea Thomas Earnshaw pour produire son propre modèle de chronomètre, mais avec son design exclusif pour le balancier de compensation.

En 1780, en fabriquant ces chronomètres pour Brockbank, Earnshaw introduisit une modification de la détente à pivots, en fixant la pièce de verrouillage sur un ressort, ce qui supprimait la nécessité des pivots. Earnshaw affirma qu'Arnold reconnut cette nouvelle idée et déposa promptement le brevet de 1782 pour son propre projet d'échappement à détente-ressort.

Entre-temps, un vif débat s'éleva quant à la paternité de l'invention de l'« échappement à détente-ressort »[4], suscitant une dispute entre Arnold et Earnshaw. Lancée à l'origine par Earnshaw et entretenue par la suite par des historiens de l'horlogerie comme Rupert Gould, cette discussion s'est prolongée au fil des ans. On peut toutefois soutenir que cet affrontement perd de sa pertinence à la lumière des recherches récentes. De nouvelles études indiquent que le succès d'Arnold n'est pas tant dû au type précis de ressort de détente qu'il créa qu'aux méthodes originales qu'il mit au point pour régler le spiral. Arnold manipulait habilement la courbe terminale du spiral, corrigeant les erreurs de position de façon novatrice. Pour des raisons compréhensibles, il préféra garder ces méthodes secrètes, exprimant clairement ses craintes de possibles plagiats de la part d'Earnshaw. De fait, il existe des documents indiquant qu'Arnold avertit Earnshaw, sans équivoque, de ne pas utiliser son spiral hélicoïdal.
Cependant, un an plus tard, en 1783, Earnshaw obtint un brevet par l'intermédiaire d'un autre horloger, Thomas Wright. Ce brevet comprenait le modèle de balancier de compensation intégral et le mécanisme d'échappement à ressort conçu par Earnshaw, dans une spécification multiple. Comparés aux conceptions d'Arnold, ces mécanismes n'étaient toutefois pas aussi aboutis et offraient peu de fiabilité, en particulier le système de balancier, qui dut être repensé.
Depuis lors, le balancier de compensation bimétallique et le mécanisme d'échappement à ressort dessinés par Earnshaw ont été largement utilisés dans les chronomètres de marine, ce qui fait de lui l'un des pionniers du développement de ces instruments de précision.

Cependant, en raison des brevets d'Arnold (d'une durée de 14 ans chacun), Earnshaw ne put utiliser le spiral hélicoïdal qu'après l'expiration du brevet de 1775 en 1789 et, pour le brevet de 1782, vers 1796. Au départ, les montres fabriquées par Earnshaw n'utilisaient que des spiraux plats. Cependant, à partir de 1800, pratiquement tous les chronomètres de marine, y compris ceux d'Earnshaw, furent équipés du spiral hélicoïdal à courbes terminales.
Arnold s'imposa comme une figure pionnière de la production de chronomètres de marine et de poche à la fin du XVIIIe siècle, vers 1783. Sur une période d'environ 14 ou 15 ans, il produisit des centaines de ces montres avant d'affronter une quelconque concurrence commerciale significative. Ces faits prouvent que des auteurs comme Gould et Sobel se trompaient largement en affirmant l'existence d'une rivalité commerciale entre Arnold et Earnshaw.
En ce qui concerne l'héritage d'Arnold, on peut affirmer qu'avec Jean Antoine Lépine et Abraham Louis Breguet, il contribua de manière significative à l'invention de la montre mécanique moderne. De fait, l'une des inventions les plus importantes, le spiral « overcoil »[5], est encore utilisé dans la plupart des montres-bracelets mécaniques.
Arnold et Breguet :

L'horloger franco-suisse Abraham Louis Breguet entretint un lien d'amitié avec l'Anglais John Arnold. Breguet était connu pour ses innovations techniques et ses designs élégants. Arnold fut impressionné par ses montres lorsque le duc d'Orléans lui en montra un exemplaire à Londres, en 1792. Arnold se rendit aussitôt à Paris et demanda à Breguet d'accepter son fils comme apprenti.
Cette collaboration entre Arnold et Breguet permit à ce dernier d'intégrer ou de développer certaines des inventions et techniques d'Arnold dans ses propres montres. Cela comprenait le projet de balancier, le spiral en acier ou en or, l'échappement à détente-ressort et le spiral overcoil. Arnold contribua également à la disposition d'un dessin de cadran que Breguet reprit dans ses montres. Cette configuration présentait des chiffres proportionnés et des figures tournées en or ou en argent, et elle fut connue comme le cadran classique et distinctif Breguet.
Le modèle de cadran introduit par Arnold en 1783, avec ses chiffres proportionnés et ses figures dessinées, identique aux cadrans de métal tourné de Breguet apparus vers 1800, fut une contribution significative au style et à l'esthétique de ces montres. Ces cadrans étaient distincts et différents des autres modèles produits en France ou en Suisse à cette époque.
Arnold fut également considéré comme un pionnier du concept de « tourbillon », probablement à la suite de ses remarquables recherches sur l'identification et la correction des erreurs de position. Dans le système du tourbillon, le balancier et l'échappement tournent en continu, ce qui minimise les effets des déséquilibres du balancier dans les différentes positions verticales. Arnold semble avoir exploré cette idée, bien qu'il soit mort en 1799, avant de pouvoir la développer plus avant. On sait que Breguet créa un mécanisme de tourbillon vers 1795, mais il reconnut l'influence d'Arnold en présentant son premier tourbillon (il est probable que ce ne fut pas le premier) en 1808 au fils d'Arnold, John Roger Arnold.
En hommage à son ami Arnold, Breguet intégra le mécanisme de tourbillon dans l'un des premiers chronomètres de poche d'Arnold, connu sous le nom de « Arnold No.11 ». Une inscription commémorative gravée sur cette montre indique : « Le premier chronomètre à tourbillon de Breguet incorporé à l'un des premiers ouvrages d'Arnold. Hommage de Breguet à la mémoire vénérée d'Arnold, offert à son fils en 1808 apr. J.-C. »

Cette montre est d'une extrême importance et revêt une signification particulière, à tel point qu'elle fait aujourd'hui partie de la collection de montres du British Museum. À sa mort, en 1799, Arnold était reconnu comme l'horloger le plus célèbre du monde, avec Abraham Louis Breguet. Arnold se distingua par sa prééminence en tant qu'inventeur du chronomètre de précision.
On peut donc dire que l'amitié entre John Arnold et Abraham Louis Breguet donna lieu à un échange de connaissances et à des influences mutuelles qui contribuèrent au développement de l'horlogerie et du design des montres.

John Roger Arnold (1769 / 1843), fils de John Arnold, commença sa vocation comme apprenti auprès de son père et d'Abraham Louis Breguet. En 1787, ils fondèrent l'entreprise Arnold & Son, qui resta active jusqu'en 1799. Après la mort de son père en 1799, John Roger reprit les affaires et fut l'associé de John Dent entre 1830 et 1840. En 1817, il atteignit le rang de maître de la prestigieuse Compagnie des horlogers.
Cependant, après la mort de Roger en 1843, l'entreprise fut acquise par Charles Frodsham. Cette succession d'événements retrace le parcours de l'entreprise fondée par Arnold et son fils John Roger.
Système de numérotation des chronomètres de poche de John Arnold :
1. Meilleur Type : c'est la plus grande version des chronomètres de poche d'Arnold. La numérotation commence au n° 75. En 1794, cette version connut un changement. La rainure de la détente est placée dans l'alignement de l'arbre du cliquet de force motrice auxiliaire, comme sur les versions du « Deuxième Type ». Malgré ce changement, la plus grande taille est conservée. La numérotation peut être donnée avec ou sans fraction.
2. Deuxième Type : ces chronomètres de poche sont plus petits que ceux du « Meilleur Type ». La numérotation est donnée en fractions, et la différence entre les numéros consécutifs est de 301. Le chercheur Vaudrey Mercer estime que cette différence indique le nombre total de chronomètres de poche produits jusqu'au début de cette nouvelle série. La première montre de ce type porte le numéro 1/302 et fut fabriquée en 1783. Les chronomètres de ce type possèdent la détente-ressort Arnold et un balancier de type OZ[6]. Avec l'entrée de John Roger dans la firme en 1787, la numérotation atteint 126/427, et le dernier numéro enregistré est 518/819, produit en 1796.
3. Deuxième Meilleur Type : cette version est grande et semblable au « Meilleur Type », mais elle ne possède pas de cadran des secondes. La numérotation des fractions diffère de 1000, et seules trois montres de ce type sont connues.
John Arnold & John Roger Arnold, Londres, n° 249/550, 1793




Cette éblouissante montre est un véritable chef-d'œuvre d'élégance et de précision. La boîte est en laiton doré, ce qui lui confère un aspect sophistiqué et luxueux. Elle est équipée d'un mouvement à fusée à pleine platine (43 mm de diamètre), qui montre l'habileté et la maîtrise de son créateur.
Elle présente un coq ajouré, minutieusement gravé de motifs complexes, qui ajoute une touche d'art et de design. Malheureusement, la montre a subi une réparation, mais son charme intemporel demeure intact.
Le balancier et l'échappement sont ornés de diamants, symboles de luxe et de raffinement. L'échappement à détente-ressort de type Arnold et la détente habilement placée dans une rainure affichent le style classique typique de l'époque. Le balancier bimétallique d'Arnold (type OZ) est élégamment fixé à un balancier en or pur, sans détails gravés ni ornements, offrant une combinaison parfaite de fonctionnalité et de beauté.
Le spiral d'origine, en or et composé de quatre spires, présente des courbes terminales inspirées du génie d'Arnold. Le cadran d'origine en émail est minutieusement décoré. Le numéro du chronomètre a été habilement écrit à la main sur l'émail du cadran, complété par la suite par des aiguilles dorées, ce qui rehausse encore son élégance.

Le spiral en or fut introduit par John Arnold pour résoudre les problèmes rencontrés avec les versions en acier. Les spiraux en acier s'oxydaient facilement lorsqu'ils étaient exposés à l'humidité de la mer, et ils étaient en outre sensibles à l'influence magnétique. Afin de surmonter ces difficultés, Arnold introduisit le spiral en or en 1791. Il introduisit également le balancier en or pour les mêmes raisons.
Sur la contre-platine de la montre est gravé : « John Arnold & Son, Inv(eni)t et Fecit, Nº. 249/550 ». La numérotation indique que le mouvement appartient au « deuxième type » (série 301) de chronomètres de poche.
John Roger Arnold passa deux ans, 1792 et 1793, comme apprenti d'Abraham Louis Breguet à Paris. Le mouvement en question fut créé l'année où John Roger revint de Paris. On peut percevoir l'influence du style de son maître français dans la forme et la finition du « pied du tube à poussière autour du carré de remontage »[7].
Thomas Earnshaw 1749 – 1829

Thomas Earnshaw, né à Ashton-under-Lyne, suivit les traces de John Arnold et simplifia encore la production des chronomètres de marine, les rendant accessibles au grand public. Il est également connu pour les améliorations apportées à l'horloge de transit du Royal Greenwich Observatory à Londres, ainsi que pour ses inventions de l'échappement de chronomètre et du balancier de compensation bimétallique.
Après avoir terminé son apprentissage en 1770, il travailla comme artisan finisseur pour plusieurs horlogers de Londres. En 1780, il conçut une modification de l'« échappement libre » des chronomètres, dans laquelle le mécanisme d'ancre à detent est monté sur un ressort et non sur des pivots. Cet échappement à ressort, également connu sous le nom d'« échappement à détente »[8] fut breveté en 1783 par Thomas Wright, pour qui Earnshaw travaillait. Au départ, le projet était rudimentaire et n'eut pas de succès. Avec des modifications ultérieures, il devint toutefois la norme dans les chronomètres de marine, après l'invention de l'échappement à détente par Pierre Le Roy en 1748. John Arnold inventa lui aussi un type d'échappement semblable en 1782, ce qui provoqua de grandes disputes entre Arnold et Earnshaw.

En juillet 1791, le capitaine William Bligh, au nom de l'Amirauté, acquit le chronomètre numéro 1503 d'Earnshaw pour 40 guinées. Cet achat fut effectué pour une expédition qu'il devait commander à bord du HMS Providence, dans le but de transporter des plants d'arbre à pain de Tahiti aux Antilles.
Cette expédition fut la deuxième tentative de Bligh pour accomplir cette mission précise. La première expédition eut lieu à bord du HMS Bounty et devint tristement célèbre à cause d'une mutinerie menée par Fletcher Christian. Cette mutinerie obligea Bligh à affronter d'énormes difficultés pour regagner l'Angleterre. La seconde expédition fut en revanche un succès absolu.
Vers 1796, Earnshaw perdit temporairement l'intérêt pour la récompense du Bureau des longitudes. Cependant, l'échec de Josiah Emery à l'obtenir l'amena à reconsidérer sa position. Earnshaw avait une piètre opinion des chronomètres d'Emery et affirma que son propre chronomètre déjà existant, le numéro 265, pouvait surpasser celui d'Emery, malgré des conditions défavorables, comme l'huile sale résultant d'un récent voyage aux Antilles sans nettoyage adéquat.
Earnshaw prouva facilement sa théorie, en montrant que son chronomètre maintenait une marche moyenne fiable au cours d'un essai de 12 mois. Il ne reçut cependant aucune récompense du Bureau des longitudes, en raison de la méthode d'évaluation, qui ne tenait compte que du taux d'erreur du premier mois, et non de la précision générale dans le temps. Curieusement, cette méthode avait été proposée par Maskelyne, un allié d'Earnshaw.
En juin 1801, le navire HMS Investigator, commandé par Matthew Flinders, fut équipé de deux chronomètres d'Earnshaw, le E520 et le E543, d'un coût de 100 guinées chacun. Lors de la première circumnavigation et de la cartographie de la côte australienne, le HMS Investigator transportait également deux chronomètres d'Arnold.
Le chronomètre E520 fut soigneusement installé dans une boîte en bois dotée de gimbals pour compenser le mouvement du navire. Flinders et son équipe effectuaient régulièrement des observations côtières pour vérifier la précision des chronomètres par rapport aux étoiles. À la fin de l'expédition, seul le chronomètre d'Earnshaw fonctionnait encore correctement, ce qui amena Flinders à le décrire comme un excellent chronomètre dans son livre « A Voyage to Terra Australis ».
Flinders fut fait prisonnier de guerre par les Français à l'île Maurice.
En 1805, lorsque le capitaine Aken, également prisonnier de guerre, fut libéré et renvoyé en Angleterre, Flinders lui confia les chronomètres qu'il avait utilisés lors de son expédition, afin qu'ils soient restitués à l'Observatoire de Greenwich.
Le chronomètre E520, pour une raison inconnue, fut vendu à un collectionneur australien et, en 1937, devint la propriété du Musée des arts et des sciences appliqués (Powerhouse Museum) de Sydney. Ce n'est qu'en 1976, après une enquête, que le chronomètre fut identifié comme étant celui utilisé par Flinders au cours de son parcours historique, ce qui jeta un nouvel éclairage sur l'histoire de la navigation.
En 1805, une reconnaissance notable fut accordée à deux brillants horlogers : Earnshaw et Arnold. Le Bureau des longitudes distingua leurs remarquables contributions à l'évolution des chronomètres en les récompensant pour leurs réalisations. Earnshaw reçut la généreuse somme de 2 500 livres, tandis que John Roger Arnold, fils de John Arnold, reçut 1 672 livres en reconnaissance de son mérite.
Le génie d'Earnshaw eut un retentissement significatif dans l'art de l'ingénierie des chronomètres. Ses innovations eurent un impact transformateur en simplifiant et en démocratisant la construction de montres précises. Parmi ses remarquables réalisations, le balancier de compensation bimétallique et l'échappement à détente-ressort, tous deux conçus par Earnshaw, conquirent une place de choix dans les chronomètres de marine, devenant des normes universelles qui perdurent encore aujourd'hui. Cette contribution marquante valut à Earnshaw l'honneur d'être considéré comme un pionnier de l'évolution des chronomètres. Son héritage a traversé les âges, laissant une empreinte indélébile dans l'histoire de l'horlogerie et permettant de cartographier le passé tandis que nous admirons la précision et l'élégance de nos instruments de mesure du temps.

De 1831 à 1836, une étape remarquable fut franchie grâce au chronomètre numéro 506, embarqué à bord du HMS Beagle pour une expédition de circumnavigation mondiale. Ce voyage épique avait un objectif ambitieux : établir un réseau de points autour du monde, chacun d'une longitude minutieusement connue, une première pour un tel exploit. Le navire était commandé par le capitaine Robert FitzRoy, qui deviendrait plus tard vice-amiral et le visionnaire fondateur du Bureau météorologique.
Le HMS Beagle transportait plusieurs chronomètres, dont le légendaire numéro 506, car la précision était de la plus haute importance pour la tâche complexe qui se déroulait. L'objectif était de tracer avec exactitude une route autour du globe, permettant une compréhension précise des longitudes géographiques.
Cette expédition emblématique marqua également un point de départ fondamental pour le cours même de la science. Charles Darwin, qui embarqua sur le Beagle, fut profondément influencé par son expérience durant le voyage. Les observations qu'il fit autour du monde lui inspirèrent des idées révolutionnaires sur l'évolution, qui aboutirent à son œuvre magistrale « L'Origine des espèces ».
Le chronomètre numéro 506, pièce essentielle de ce récit historique, fut immortalisé en tant qu'objet numéro 91 de la série « A History of the World in 100 Objects » de BBC Radio 4. Cette distinction atteste non seulement l'importance de cet instrument précis, mais aussi son rôle dans le façonnement d'événements qui transforment notre compréhension du monde, de la science et de l'évolution même de la vie.
Peter Torckler / Thomas Earnshaw, Londres, n° 406, 1775

Montre en laiton doré, remarquable par sa construction minutieuse et ses caractéristiques distinctives. Le mouvement possède un coq en laiton ouvragé et une pleine platine avec couvercle, d'un diamètre de 38 mm. Elle se distingue par la complexité de ses détails, comme le coq et les platines gravés, qui ajoutent une touche d'élégance à la structure.
L'échappement à cylindre, qui conserve l'inclinaison d'origine dans le style de Graham, est un exemple impressionnant de créativité horlogère. Composé d'une roue d'échappement en laiton à 13 dents, sa fonction est perfectionnée par le balancier en acier et le spiral, qui travaillent en harmonie pour assurer une précision remarquable dans la mesure du temps.
Le cadran en émail, pièce authentique signée par le réputé fabricant de cadrans William Weston, arbore une plaque de laiton avec l'inscription « Earnshaw Finisher » soigneusement gravée sur la partie inférieure. Ce détail suggère que cette montre a pu être l'un des premiers mouvements attribués à Thomas Earnshaw et « finis » par lui au début de son parcours d'horloger, lorsqu'il exerçait la fonction d'artisan finisseur. Un expert en finition devait être un artisan habile et expérimenté, chargé d'exécuter des tâches spécialisées dans le processus de fabrication d'un mouvement de montre, en le préparant de façon précise et détaillée pour l'étape suivante de montage. Cette tâche comprend : ajuster les rouages [9], effectuer la finition du barillet, araser les rivets sur les têtes des pignons et les facetter (polir), en laissant le mouvement prêt pour le constructeur de l'échappement.
En général, identifier les contributions individuelles dans la fabrication des montres est une tâche difficile ; peu d'ateliers ont tenu des registres détaillés à cet égard. Un exemple notable d'exception à cette règle se trouve dans les exemplaires conservés à l'atelier d'Abraham Louis Breguet. Les inscriptions que l'on trouve souvent gravées sur les mouvements sont, en réalité, davantage liées à des registres de réparations qu'au processus de fabrication proprement dit.

Un message d'une grande importance historique a été découvert dans la première montre de poche d'Abraham Lincoln, lui conférant une signification singulière. Cette montre, au mouvement originaire de Liverpool et à la boîte en or américaine, se trouve actuellement au Smithsonian, au National Museum of American History, à Washington DC. C'est sur cet intrigant objet qu'un horloger agréé laissa une inscription lors d'une réparation effectuée en 1861, moment crucial du début de la guerre de Sécession.
La découverte de cette inscription est récente : elle date de 2009, lorsqu'un membre de la famille d'horlogers demanda le retrait du cadran. L'inscription, soigneusement gravée, indique : « Jonathan Dillon, 13 avril 1861, Washington. Dieu merci, nous avons un gouvernement, Jonth Dillon. »
Dans ce témoignage émouvant gravé dans le temps, on observe l'impact profond que les événements de l'époque eurent sur un individu, en capturant les sentiments et les circonstances de ce moment crucial. Une inscription ultérieure, datée de 1864 et réalisée par un autre horloger, corrobore une seconde réparation de la montre et atteste de son parcours à travers les années.
Curieusement, Abraham Lincoln n'eut jamais connaissance de ces inscriptions cachées, restées comme les témoins silencieux d'une époque tumultueuse.
Peter Torckler
Peter Torckler est une figure peu documentée qui émerge du Londres du XVIIIe siècle. Il semble avoir été un talentueux artisan immigré qui établit un commerce à Londres, peut-être pour tirer parti du florissant commerce d'exportation avec l'Orient, une activité sans égale dans d'autres parties de l'Europe. Son influence s'étendit au-delà de la construction d'automates élaborés, englobant la production de composants complexes et la fourniture à d'autres artisans participant à la création de ces objets singuliers.
Dans les registres commerciaux londoniens entre 1780 et 1783 figure le nom de Torckler, exerçant à l'adresse 9, Red Lion Street, à Clerkenwell, centre vital du quartier horloger de la ville. Curieusement, son atelier ne se trouvait qu'à trois portes de celui de l'éminent fabricant James Upjohn, responsable de la célèbre pendulette de voyage en forme d'éléphant, aujourd'hui exposée au Musée du Palais de Pékin.
Un autre automate orchestré par Torckler, présentant une figure animale et simulant une cascade avec d'élégantes tiges de verre torsadé, se trouve aujourd'hui au Musée d'État de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg. Cet ajout à son œuvre suggère que l'incursion de Torckler dans ce domaine ne se limita pas au seul exemplaire en question.
On présume que l'artisan à l'origine de cette création est Peter Adolph Torckler lui-même, natif de Riga. En 1795, il arriva à Calcutta, peut-être accompagné d'Edward Torckler, probablement son frère. Le lien commercial de Torckler avec la firme marchande Howell et Torckler, à Calcutta, qui négociait des marchandises venues de Chine, suggère qu'il a pu cultiver des liens en Extrême-Orient avant cette période. Sa vie s'acheva à l'âge de soixante-seize ans, en 1824, ce qui indique la possibilité de sa contribution pendant les années 1780 à Londres.
L'existence d'une discrète inscription au dos des cadrans émaillés, révélant le mot « Weston », indique une possible collaboration avec William Weston, dont l'atelier prospéra à Greenhill's Rents, West Smithfield, à partir de 1764.
L'héritage de Torckler a traversé les siècles et, en 2013, un éblouissant automate en forme d'éléphant d'Asie articulé, signé de lui, a atteint le prix impressionnant de 1,4 million de livres lors d'une vente aux enchères chez Sotheby's. Cette valorisation atteste de l'impact durable des créations de Torckler et de son talent à susciter l'admiration et la fascination jusqu'à l'époque contemporaine.
Palmer, London, No. 314, ca. 1770

Il s'agit d'une montre raffinée en laiton doré, qui se distingue par un mouvement à fusée à platine squelettée et piliers ronds, caractérisé par une platine supérieure de 36,0 mm et une distance de 5,5 mm entre les platines. L'une de ses caractéristiques marquantes est la présence d'un coq à pied unique, ajouré et gravé, qui rehausse encore sa beauté, et d'une pierre de contre-pivot en grenat qui ajoute une touche de raffinement. Le disque régulateur est minutieusement réalisé en argent, soulignant la précision de ce mécanisme complexe. La plaque de couverture de la boîte présente une ornementation complexe, finement ajourée et gravée, tandis que le couvercle du barillet du ressort moteur complète l'ensemble avec une esthétique véritablement sophistiquée. Il importe toutefois de noter que la chaîne manque.
Les premiers exemplaires de montres squelettes datent du début du XVIIIe siècle, bien qu'ils soient assez rares. L'introduction de ce style est souvent associée à Jean Antoine Lépine, vers 1760, bien que certains documents indiquent l'existence de versions semblables dès la fin du XVIIe siècle.
Fabricant inconnu, Londres pour le marché néerlandais, n° 9001, 1787


Cette montre arbore une boîte en argent avec poinçons britanniques datés de 1787, dépourvue de pendant et d'anneau. Fabriquée en laiton doré avec un mouvement à fusée, sa platine de cadran mesure 41,6 mm, pour une épaisseur de 7,4 mm, et repose sur des piliers en balustre. Elle possède un coq ajouré, caractérisé par deux larges pieds, dans un design qui rappelle le style hollandais. Le cadran régulateur Tompion argenté complète la composition. La platine arrière porte la gravure « VIVAT WILLEM DEN 5 PRINS VAN ORANGE EN NASSAA » accompagnée de la numérotation « No. 9001 ». Le cadran en cuivre émaillé, orné de chiffres arabes, ajoute une dimension esthétique marquante.
Cette montre fut réalisée en Angleterre pour être commercialisée sur le marché néerlandais, jouant un rôle de propagande et soulignant le soutien britannique au prince Guillaume V. Des documents indiquent également l'existence d'autres montres semblables, présentant des portraits émaillés du prince Guillaume V lui-même et de son épouse Wilhelmine de Prusse directement sur le cadran.
La révolte patriote néerlandaise de 1787
Pendant une période historique, les banques établies dans la République néerlandaise possédèrent une part significative du capital mondial. En outre, les banques parrainées par le gouvernement en vinrent à détenir environ 40 % de la dette nationale britannique. Cette concentration de richesse provoqua l'émergence des patriotes néerlandais, menés par un noble néerlandais de basse extraction nommé Joan Van Der Capellen, qui cherchaient à réduire le pouvoir du stathouder.

Guillaume V, prince d'Orange (08.03.1748 - 09.04.1806).
Les patriotes, par leur lutte inlassable, devinrent une force significative capable de défier les troupes du gouvernement. Malgré l'adversité, ils persistèrent dans leur objectif et continuèrent d'avancer, attirant finalement l'attention du roi Frédéric-Guillaume II de Prusse, qui choisit d'intervenir militairement dans la situation.
En outre, un petit contingent de troupes britanniques fut également envoyé pour renforcer les forces gouvernementales. En conséquence, les patriotes furent écrasés et le prince Guillaume parvint à établir fermement son contrôle sur la situation.
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Notes
[1] L'anneau est monté autour du cylindre et contient une petite fourchette d'échappement qui se déplace de haut en bas pendant que le cylindre tourne.
[2] Le mécanisme d'échappement est conçu de façon à tourner autour d'un axe central. Ce type d'échappement offre certains avantages, comme la réduction de l'usure et une meilleure stabilité.
[3] Elle est considérée comme une technique avancée en horlogerie, car elle permet à la montre de conserver une précision remarquable dans différentes conditions thermiques.
[4] C'est un mécanisme d'échappement qui permet à l'énergie emmagasinée dans le ressort moteur d'être libérée de manière contrôlée, entraînant le mouvement des rouages et, par conséquent, les aiguilles de la montre. Le ressort de détente est constitué de deux parties principales : l'échappement et le régulateur. L'échappement est composé de la roue d'échappement, de l'ancre et de la palette. La roue d'échappement est une roue dentée qui interagit avec le mécanisme d'échappement, tandis que l'ancre et la palette travaillent ensemble pour libérer et contrôler le flux d'énergie. Lorsque la montre est entièrement remontée, le ressort moteur est tendu et emmagasine de l'énergie potentielle. À mesure que le ressort se déroule, l'énergie est libérée progressivement par le mécanisme d'échappement. La roue d'échappement tourne et interagit avec l'ancre, alternant entre « remonter » le mécanisme et « échapper », permettant au ressort de libérer l'énergie de manière contrôlée et maintenant le mouvement constant et précis des engrenages.
[5] La caractéristique distinctive du spiral overcoil est la façon dont ses spires sont disposées. Au lieu d'être plates et parallèles au plan du balancier, elles sont courbées vers le haut et vers le bas en forme de S. Cette courbure en forme de S est connue sous le nom d'overcoil. Cette configuration spécifique permet une répartition plus uniforme de la tension sur toute sa longueur. Cela aide à compenser les effets négatifs causés par la gravité et par les variations de température, ce qui se traduit par des performances plus précises de la montre. Elle offre en outre une plus grande stabilité et une meilleure résistance aux chocs, contribuant à la précision et à la fiabilité de la montre. Cette innovation représente l'une des avancées les plus importantes de l'histoire des montres.
[6] Il n'existe pas de consensus clair sur la signification exacte du terme « OZ » utilisé pour décrire le balancier bimétallique d'Arnold. Il est possible qu'Arnold ait choisi un code ou une référence interne pour identifier sa création. Quoi qu'il en soit, avec le balancier bimétallique de type OZ, Arnold introduisit une innovation ingénieuse. « OZ » pourrait représenter les initiales des termes allemands « Osten et Westen », qui signifient respectivement est et ouest. Le balancier bimétallique de type OZ comporte deux lames métalliques fixées de façon à se dilater ou à se contracter dans la direction est-ouest.
[7] « Tube à poussière » désigne une pièce qui protège de la poussière l'axe du balancier et le spiral ; le pied du tube à poussière est un petit ressort qui aide à le maintenir en place. Le « carré de remontage » est l'ouverture de la platine principale de la montre qui accueille le balancier et d'autres composants associés.
[8] Il s'agit d'un type spécifique de mécanisme d'échappement qui utilise un ensemble de ressorts et de câbles pour contrôler la libération de l'énergie du système de remontage de la montre.
[9] - Le barillet : le barillet est la pièce du mouvement de la montre qui emmagasine l'énergie. Il est mû par l'impulsion du ressort moteur de la montre et transmet à son tour cette énergie au reste du mouvement.
- Ajuster les roues des rouages : les rouages sont les engrenages qui transmettent l'énergie du barillet au reste du mouvement. Ajuster les roues signifie monter et aligner ces engrenages pour garantir un fonctionnement souple et précis de la montre.
- Araser les rivets sur la tête du pignon : le pignon est une pièce du mouvement de la montre qui transmet l'énergie d'une roue à l'autre.
- Araser les imperfections sur les têtes du pignon est une opération qui permet au pignon de s'emboîter parfaitement dans les engrenages correspondants.
- Facetter : facetter signifie enlever les arêtes sur les bords des pièces du mouvement de la montre, comme sur le pignon, pour améliorer leur aspect et faciliter le montage.
- Laisser le mouvement prêt pour le constructeur de l'échappement : l'échappement est la partie du mouvement de la montre qui contrôle le mouvement du balancier et, à son tour, la mesure du temps.





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