Le XVIIIe siècle, le siècle des grands horlogers (8e partie)
Par Sílvio Pereira

Ceci est le deuxième et dernier article consacré à la maîtrise de Jean-Antoine Lépine. Il fut effectivement un grand horloger qui a marqué à plusieurs égards l’histoire de l’horlogerie : tant en créant et en développant ses propres mécanismes qu’en améliorant et en perfectionnant ceux qui existaient déjà. Ce fut une icône qui influença de nombreux autres horlogers de son temps, y compris le grand Abraham Louis Breguet, qui, à un certain moment de son parcours, utilisa dans ses propres montres des mécanismes créés par Lépine, s’inspirant également de Lépine pour créer les fameuses "aiguilles Breguet".
Notre aventure dans le monde de l’horlogerie du XVIIIe siècle entre dans sa dernière ligne droite : dans les deux prochains articles, nous aborderons l’horlogerie de l’après-Révolution française et tenterons de pénétrer dans l’univers complexe d’Abraham Louis Breguet, achevant ainsi l’histoire de l’horlogerie du XVIIIe siècle, considéré comme le siècle des Grands Horlogers.
Jean-Antoine Lépine, Paris, vers 1774
Montre fabriquée en laiton doré. Le mouvement est équipé d’un échappement à virgule et mesure 28,7mm de diamètre. On remarque en outre la présence d’un barillet suspendu, selon le style du « calibre Lépine ». Dans ce cas précis, le mouvement s’écarte de la construction classique à deux platines et représente le deuxième type de ponts suspendus « calibre Lépine ». Sous le coq du balancier, on observe l’inscription « A » et « R », semblable aux versions antérieures à 1775.
Le cadran, en cuivre émaillé, porte la signature « Lépine Invenit et Fecit ». Par ailleurs, le mouvement intègre un nouveau type de ressort de boîte dissimulé et est prévu pour recevoir une « cuvette » (couvercle anti-poussière).
Ce mouvement est souvent logé dans une boîte appelée « vitrine de femme de chambre », un type particulier servant à exposer ou à protéger la montre. Ce style de vitrine était particulièrement apprécié des collectionneurs américains entre la Première et la Seconde Guerre mondiale. Cette combinaison d’éléments techniques distinctifs et de caractéristiques esthétiques fait de cette montre une pièce unique et remarquable.
Jean-Antoine Lépine, nº 2076, Paris, 1775
Il s’agit d’une montre unique en laiton doré avec boîte en argent. Elle présente un mécanisme expérimental à remontage arrière du ressort moteur et un échappement à virgule, pour un diamètre total de 40,8 mm. La construction suit l’agencement de Louis Berthoud, à deux platines, avec fusée et chaîne. Sous le coq du balancier, on peut observer l’inscription « A R », lisible du côté de la base du coq. Cette caractéristique est semblable aux versions intermédiaires entre 1775 et 1780. Le coq du balancier est ajouré dans le style Lépine.
Le cadran, signé « Lépine Invenit et Fecit », est en cuivre émaillé et présente une combinaison unique et ancienne de chiffres arabes et romains. Fait remarquable, les repères des heures sont subdivisés en 6 parties au lieu de 5, ce qui donne au total 72 minutes par heure au lieu des 60 traditionnelles. Les aiguilles Lépine d’origine en laiton sont présentes.
Une particularité inhabituelle réside dans les aiguilles en contre-émail, signées « JF Cave de Harley ». Cela se remarque, car Lépine déléguait généralement la fabrication de ses cadrans.
La montre intègre le nouveau type de ressort de boîte dissimulé et comporte une « cuvette » (couvercle anti-poussière) numérotée « No. 2076 » avec des instructions gravées, dans le style « L'Epine H(orl)ger du Roy ».
Ce mouvement présente des caractéristiques expérimentales uniques qui le distinguent de façon singulière. Un exemple frappant est la présence des "aiguilles de Lépine", plus tard connues sous le nom d’"aiguilles Breguet" (Breguet y apporta de légères modifications, voir ci-dessous). Il se distingue en outre comme la première montre à adopter une chaussée ronde pour l’aiguille des minutes[1] au lieu d’une chaussée carrée. Cette caractéristique souligne non seulement l’innovation du remontage arrière du ressort moteur mais surtout la possibilité de mettre les aiguilles à l’heure par l’arrière de la montre, ce qui rendait obsolète la forme carrée de la chaussée de l’aiguille des minutes.
Le cadran de la montre se distingue lui aussi : il représente la première tentative de Lépine de combiner chiffres arabes et romains, avec un résultat d’aspect essentiellement symétrique. Il est important de noter que ce cadran unique, qui affiche l’heure subdivisée en 72 minutes, a pu faire l’objet d’une commande spéciale. Bien que cette subdivision ait des implications en astronomie et en astrologie, son seul usage connu se trouve dans le calendrier juif. Comprendre les détails de cette subdivision unique exige des recherches plus approfondies. Cette approche novatrice de la conception du cadran témoigne de la curiosité de Lépine et de sa recherche de nouvelles façons de représenter le temps.
Aiguilles Lépine :

Le style d’aiguilles, d’abord attribué à tort à Breguet, avec une pointe très fine se projetant d’un disque circulaire ajouré, fut probablement mis au point par Lépine dès 1775, peut-être à partir de modèles antérieurs en forme de « poire » (voir la montre ci-dessous, Dieudonné Kinable No. 626). Les aiguilles originales de Lépine étaient fines, avec une longue pointe et, surtout, l’ouverture du disque était concentrique.
Abraham-Louis Breguet modifiera ce style en rendant la pointe plus triangulaire et plus courte et en plaçant le trou de manière excentrée dans le disque, plus près de la pointe, ce qui donne un aspect semblable à un « croissant de lune ». Ce style d’aiguilles est aujourd’hui connu sous le nom d’« aiguilles Breguet », puisqu’elles ont été commercialisées comme telles depuis leur introduction par Breguet. Elles sont encore largement utilisées par la maison Breguet aujourd’hui. Cette évolution du dessin des aiguilles met en lumière la contribution importante de Lépine à l’horlogerie et la popularité ultérieure de ce style associé à Breguet.
Jean-Antoine Lépine, Paris, vers 1780
Montre en laiton doré à remontage par l’arrière ; le mouvement est équipé d’un échappement à cylindre en acier, mesure 46 mm de diamètre et possède un calibre Lépine à barillet suspendu. Contrairement à la construction classique à deux platines, ce mouvement représente le troisième type de calibre Lépine à barillet suspendu, caractérisé par un ressort « circulaire ». Les lettres « A, R » gravées sur la "table du pont"[2] du balancier sont lisibles par en dessous, selon le style des versions intermédiaires entre 1775 et 1780.
Cadran en cuivre émaillé dans le style anglais plus tardif. Le mouvement intègre une nouvelle variante de ressort de boîte dissimulé et présente une cuvette (couvercle anti-poussière) portant les traditionnelles instructions gravées, dont « Lépine Invenit et Fecit ».
Jean-Antoine Lépine, Paris, No. 5490, 1788
Montre Lépine en laiton doré, à remontage par l’arrière et à répétition des quarts « à toc », équipée d’un échappement à virgule et d’un barillet suspendu. Ce mouvement, différent de la construction classique à deux platines, représente la dernière étape du développement des mouvements Lépine à barillet suspendu. Le barillet comporte un ressort arrière « circulaire ». La boîte consulaire en or est travaillée d’un motif tourné complexe, selon la technique du guilloché, qui consiste en entailles ou motifs linéaires entrecroisés, ajoutant une touche artistique et texturée à la boîte. Cette pièce comporte aussi de l’émail et des incrustations de style « perle ». La cuvette en laiton doré est gravée de trois « fleurs de lys », ainsi que d’instructions pour la mise à l’heure et le remontage, signée « Lépine H(orlo)ger du Roy », numérotée 5490, et d’un « M » dont la signification est inconnue.
Les aiguilles rares et très fines, en or, présentent des motifs de « fleur de lys » et une pointe en « flèche » ; elles ne furent utilisées qu’entre 1782 et 1788. Le cadran est en cuivre émaillé et signé « Lépine Invenit et Fecit ». Le « A, R » est lisible sur la base du coq du balancier, comme dans les versions plus tardives, postérieures à 1780. Le cadran présente en outre une intéressante combinaison de chiffres arabes et romains, caractéristique de certaines montres fabriquées entre 1788 et 1790, avec des numéros de production compris entre 5400 et 5700.
Curiosités concernant la numérotation de certaines montres construites par Lépine

Le premier groupe de montres présentant ces chiffres affiche un « 11 » arabe, tandis que des modèles plus récents (voir l’image de gauche) optent pour un « XI » romain. Ce choix singulier dans la représentation des chiffres s’explique par l’immense recherche de symétrie de Jean-Antoine Lépine et par son goût pour une esthétique élégante et distinctive, aboutissant à des créations jugées "hyper sophistiquées". Cette approche peu conventionnelle reflète l’attention méticuleuse de Lépine aux détails et sa quête incessante d’une harmonie visuelle unique dans ses créations horlogères.
Il importe de souligner que l’influence stylistique de Lépine a dépassé les simples conventions numériques, témoignant de sa volonté de créer des montres qui ne se contentaient pas de donner l’heure, mais étaient aussi des expressions artistiques d’élégance et d’équilibre. Cette perception du choix stylistique unique de Lépine est mise en avant dans le livre « Jean-Antoine Lépine Horloger (1720-1814) » de Chapiro A., un ouvrage qui approfondit la compréhension de l’héritage et du génie de ce maître horloger. En outre, la montre en question a une histoire préservée, puisqu’elle a fait partie de la collection privée de Jean-Claude Sabrier, ce qui ajoute une touche de distinction à sa provenance.
Montre répertoriée dans : Chapiro A., Jean-Antoine Lépine horloger (1720-1814), Les Editions de l’Amateur, Paris, 1988. Cadran : ex-collection privée de Jean-Claude Sabrier (F).
Dieudonné Kinable, Paris, No. 626, 1792
Mouvement Lépine en laiton doré, remontage par l’arrière, avec échappement à cylindre en acier et barillet suspendu. Ce mouvement, qui représente la dernière étape du développement du calibre Lépine avec ce type de barillet, se distingue par l’absence de la construction classique à deux platines. Le barillet comporte un ressort arrière « circulaire », qui lui confère un caractère unique. Le « A, R » est lisible sur la « table » du coq du balancier, visible par en dessous, comme dans les versions intermédiaires entre 1775 et 1780. La boîte consulaire est en argent uni, c’est-à-dire sans ornements.
La cuvette, en laiton doré, est gravée d’instructions pour la mise à l’heure et le remontage, signée « Kinable au Palais Royal » et numérotée 626. Les aiguilles rares et très fines, en acier bleui, à pointe en forme de « perle »[3], sont des caractéristiques distinctives utilisées par peu d’horlogers parisiens, dont Lépine et Breguet. Le cadran en cuivre émaillé, signé « D. D. Kinable Palais Royal N. 131 », complète l’esthétique unique de cette montre, considérée comme rare et très fine.
Dieudonné Kinable, horloger né à Liège, en Belgique, s’installa à Paris vers 1787, où il laissa une empreinte durable dans sa spécialité : des pendules aux formes singulières, dont les corps étaient habilement réalisés en « porcelaine de Sèvres ». Cette remarquable maîtrise de l’art horloger culmina avec la commande de 21 pièces auprès de la prestigieuse manufacture de porcelaine entre 1795 et 1806.
Certains indices laissent penser que Kinable aurait pu se procurer les mouvements bruts de ses montres auprès de la même source que Breguet. Une autre possibilité est que Kinable finissait et réglait les montres en collaboration directe avec Breguet, ou peut-être avec Lépine. La présence du nom de Kinable dans le Registre des réparations de Breguet renforce l’hypothèse d’une collaboration entre ces illustres horlogers.
Plus tard dans sa carrière, Kinable choisit de signer ses œuvres simplement « Kinable », signe de sa consolidation en tant que maître horloger reconnu et indépendant.
Cet exemplaire a fait partie de la collection privée d’A. Chapiro (F).
Publié dans :
Chapiro A., Jean-Antoine Lépine, 1720-1814, un fabricant « inconnu », Antiquarian Horology, septembre 1975, P : 448, Fig. : 5 Chapiro A., Jean-Antoine Lépine horloger (1720-1814), Les Editions de l’Amateur, Paris, 1988, P : 67, 68, 142 Chapiro A., Taschenuhren aus vier Jahrhunderten, Callwey, Munich, 1995, P : 170-172
Jean-Antoine Lépine & Voltaire, Ferney, No. 6, vers 1770

Cette platine arrière en laiton doré, de 23,3 mm, se distingue par la présence élégante d’un petit coq à deux pieds réalisé avec maîtrise en acier et en laiton. Le cadran de réglage en argent, méticuleusement travaillé, rehausse encore la sophistication de cette pièce. Chaque détail, du choix du matériau à la précision de l’exécution, reflète la qualité et le soin consacrés à la création de cette platine arrière. Une fusion harmonieuse de laiton doré, d’acier et d’argent qui ne sert pas seulement une finalité pratique, mais s’impose aussi comme une œuvre d’art fonctionnelle. La signature distinctive, « Manuf(actu)re Royale de Ferney », souligne l’origine de cet exemplaire.
Il convient de noter que ce mouvement singulier fut l’un des premiers fabriqués dans les « installations royales de Ferney », identifié par le numéro 6. Malgré l’exclusivité de ces exemplaires, il est étrange de constater l’absence de documents fiables sur la fondation de cette manufacture. Cette lacune documentaire ajoute un mystère fascinant à l’histoire de ce mouvement, laissant place aux spéculations et à de nouvelles recherches sur son origine et sa fabrication (voir ci-dessous).
Voltaire 21.11.1694 – 30.05.1778

François-Marie Arouet, connu sous le pseudonyme de Voltaire, fut un éminent écrivain, historien et philosophe français des Lumières, largement reconnu pour son esprit vif et ses attaques incisives contre l’Église catholique établie. Sa notoriété s’est forgée non seulement sur sa maîtrise littéraire, mais aussi sur sa ferme défense de la liberté religieuse, de la liberté d’expression et de la séparation de l’Église et de l’État.
Voltaire fit preuve d’une remarquable polyvalence tout au long de sa carrière, laissant son empreinte dans presque toutes les formes littéraires : pièces de théâtre, poèmes, romans, essais, ouvrages historiques et scientifiques. Son vaste héritage comprend plus de 20 000 lettres et plus de 2 000 livres et pamphlets, avec notamment des œuvres comme « Candide » (1759) et bien d’autres.
Malgré des lois de censure rigoureuses et les lourdes peines encourues en cas d’infraction, Voltaire resta un défenseur déclaré, se servant de son talent satirique de polémiste pour critiquer ouvertement l’intolérance, le dogme religieux et les institutions françaises de l’époque. Son courage et son engagement envers les idéaux des Lumières continuent d’être célébrés comme des contributions majeures à la défense de la raison et de la liberté.
Manufacture Royale de Ferney

Cherchant à échapper aux intrigues de Paris, Voltaire se réfugia à Ferney, près de Genève, où il acquit un château. En 1740, Ferney ne comptait que 40 habitants, mais Voltaire, désireux de renforcer la nouvelle communauté, fonda une fabrique de bas de soie en 1768, sans grand succès toutefois.
Profitant de l’instabilité politique à Genève, qui poussa de nombreux horlogers à quitter la région, Voltaire les accueillit à Ferney en leur offrant un soutien financier pour s’établir. Des ateliers horlogers fleurirent ainsi et la « Royal Watch manufacture » vit le jour. Bien qu’il n’existe aucune preuve documentaire de la fondation de la manufacture, elle comptait déjà 600 artisans en 1773, nombre qui passa à 1200 en 1776.
La production de la manufacture était variée, allant des mouvements simples aux répétitions, avec notamment des boîtes gravées et émaillées dans le style genevois. Voltaire joua un rôle actif dans la diffusion de la production de Ferney, mettant à profit son vaste réseau de contacts. Il parvint à persuader Lépine, déjà « Horloger du Roy », d’ouvrir un atelier à Ferney, qui resta en activité jusqu’en 1792, des années après la mort de Voltaire en 1778.
Jean-Antoine Lépine, No. 237, Ferney, vers 1780
Cette magnifique montre déploie la splendeur d’un artisanat en laiton doré. Elle présente un ressort remonté et un mouvement doté d’un échappement à virgule, d’un impressionnant diamètre de 45,4 mm. Elle se distingue plus encore par son calibre Lépine à barillet suspendu, avec trotteuse centrale, étant le deuxième type à pont ajouré pour la roue de troisième.
Le mouvement témoigne d’une remarquable innovation : il abandonne la construction classique à deux platines et représente le troisième type de barillet suspendu « calibre Lépine », connu comme le barillet à ressort « circulaire ». Cette caractéristique s’impose comme une prouesse technique et stylistique unique.
Sur la « table » du coq du balancier figure l’inscription « A, R », lisible et visible par en dessous, rappelant les versions intermédiaires entre 1775 et 1780. Le cadran en cuivre émaillé, habilement signé « L’Epine », se distingue par la subdivision des minutes en cinquièmes, témoignant d’un raffinement esthétique et fonctionnel.
Elle intègre un nouveau type de ressort de boîte dissimulé[4], une caractéristique technique qui améliore la précision et les performances. Elle possède en outre une cuvette portant les instructions habituelles gravées, dont la marque distinctive « Lépine Nº237 », attestant l’authenticité et l’exclusivité de cet exemplaire.
Chaque détail méticuleusement travaillé de cette montre témoigne non seulement de la maîtrise technique, mais aussi de la sophistication et de l’innovation caractéristiques du travail de Lépine. Un véritable chef-d’œuvre qui transcende les frontières du temps.
La riche décoration des ponts et du barillet rappelle la tradition genevoise si caractéristique. Ce détail artistique et technique ajoute une touche d’élégance unique à la montre.
Il est important de noter que le couvercle anti-poussière ne porte pas les signatures habituelles telles que « Horloger du Roy » ou « Invenit et Fecit », et que le lieu principal de fabrication, « Paris », est également omis. Ces caractéristiques, ainsi que le numéro de production étonnamment bas, suggèrent fortement une origine fernésienne.
De plus, il faut souligner que la complication de la seconde centrale prit une importance considérable après la découverte de la montre de précision de John Harrison. En France, cette innovation fut adoptée vers 1775, marquant un changement dans le ressort des montres de précision. Ces montres à seconde centrale n’étaient pas utilisées comme chronographes, mais comme des instruments « pseudo-montres d’observation scientifique »[5] par les amateurs d’astronomie.
Cela peut inclure la présence d’une aiguille des secondes centrale, utile pour mesurer avec précision des intervalles de temps.
Par sa complexité et son élégance, le présent exemplaire témoigne non seulement de l’évolution technique, mais reflète aussi la fascination de l’époque pour la précision et l’astronomie. L’absence des signatures traditionnelles et les caractéristiques distinctives de la région genevoise embellissent cet exemplaire et en font une pièce unique et remarquable de l’histoire horlogère.
Antoine François, Paris, nº 852, 1775
Cette montre raffinée, en laiton doré, se distingue par son élégance et sa remarquable précision. Le remontage par l’avant ajoute une touche classique à sa fonctionnalité. Le mouvement à roue de rencontre et à fusée assure une marche douce et fiable, témoignage de la maîtrise technique incarnée par ce chef-d’œuvre.
Le régulateur du spiral, élégamment conçu dans le style des calibres Lépine, confère à la montre une précision remarquable. Le coq à un pied et les petits piliers ronds de la structure interne témoignent d’une attention méticuleuse aux détails.
La platine arrière, signée « Antoine François a Paris » et portant le « Nº 852 », montre non seulement l’authenticité et l’origine, mais ajoute aussi une touche de prestige à la pièce. Le cadran en cuivre émaillé, signé « François », avec des chiffres arabes indiquant les heures et les minutes et des points rouges marquant les heures, est une expression visuelle du raffinement.
Détail intrigant, l’absence d’aiguilles lui confère une aura de mystère. Ce mouvement classique, qui évoque le calibre Lépine récemment introduit, reste fidèle à la tradition avec ses deux platines et un échappement à roue de rencontre d’une fiabilité exceptionnelle.
Cette pièce n’est pas seulement fonctionnelle : c’est un chef-d’œuvre intemporel qui unit l’esthétique classique à la précision technique.
Antoine François, maître horloger dont l’art s’épanouit en 1766, reste quelque peu énigmatique dans l’histoire, en raison de la rareté des archives et des quelques montres de sa main qui ont résisté au temps. Son importance transparaît néanmoins à travers l’étroite collaboration qu’il entretint avec Lépine, laissant une empreinte indélébile dans l’univers de la mesure du temps.
L’un des rares exemplaires, la montre Nº171, présente un échappement à double virgule et révèle aussi une collaboration artistique avec une boîte réalisée par Xavier Gide. Ce dernier deviendra le collaborateur d’Abraham-Louis Breguet, figure légendaire de l’histoire de l’horlogerie.
L’élégante simplicité de la montre Nº171 témoigne non seulement du talent d’Antoine François, mais éclaire aussi les liens et les influences qui traversaient le monde horloger de l’époque. Dans un contexte où les informations sur François sont rares, chaque détail préservé dans ses créations prend une importance singulière.
Ainsi, la montre Nº171 demeure non seulement un témoignage tangible du talent d’un maître horloger, mais aussi un pont vers la riche trame de liens entre les remarquables artisans de l’époque. Un trait d’union entre François, Lépine et, par extension, les chemins futurs que suivrait la mesure du temps.
André Hessen, né en 1745 en Suède, mourut en mars 1805 en France.
Il s’établit à Paris et se distingua en devenant, en 1775, horloger de « SAR Monsieur », c’est-à-dire « Son Altesse Royale Monsieur ». Ce titre honorifique indiquait le lien de Hessen avec Charles Philippe, comte d'Artois, frère de Louis XVI, alors roi de France.
Hessen entretint une étroite collaboration avec Lépine, se révélant non seulement habile dans son art, mais aussi critique perspicace du paysage horloger.
D’abord convaincu de l’importance de l’échappement à roue de rencontre, Hessen explora ensuite de nouvelles voies en développant des montres dotées de mécanismes d’échappement expérimentaux. Son talent artistique se manifesta en outre dans des montres ornées de boîtes émaillées richement décorées.
En 1785, Hessen publia à Paris et à Londres ses idées novatrices sur la construction des montres, discutant notamment du calibre Lépine. Malgré sa préférence initiale pour l’échappement à roue de rencontre, il fit preuve de souplesse en adoptant ensuite l’échappement à virgule, reconnaissant les avantages de ces nouvelles approches. Dans un chapitre ultérieur de sa vie, en 1790, Hessen retourna dans sa terre natale, à Stockholm.
Son héritage, mêlant innovation technique et admiration pour une esthétique sophistiquée, témoigne de la richesse et de l’évolution de l’horlogerie de son époque.
André Hessen, Paris, nº 334, 1775
Cette montre raffinée en laiton doré, à remontage par l’avant, possède un mouvement à fusée et échappement à roue de rencontre, d’un diamètre de 35,1 mm. Le cadran de réglage argenté, dépourvu d’aiguille, se distingue par une "petite oreille" très délicate. Le coq en acier à deux pieds, orné des initiales « C P » en hommage à Charles Philippe (voir ci-dessous), apporte une touche personnelle et gracieuse à la pièce.
La platine arrière, habilement signée « A(nd)ré Hessen A PARIS » et portant le « Nº 334 », révèle l’authenticité et l’exclusivité de ce chef-d’œuvre.
Des piliers ronds extrêmement délicats témoignent de la maîtrise et de la précision de la construction de cet exemplaire remarquable.
Le cadran en cuivre émaillé, signé « A(nd)ré Hessén h'(orlo)ger de SAR Monsieur », confirme son origine distinguée. Les chiffres arabes, marquant les heures et les minutes, sont complétés par une aiguille des heures en or ; malheureusement, l’absence de l’aiguille des minutes saute aux yeux.
Le coq, méticuleusement gravé aux initiales de Charles Philippe, indique que ce mouvement a été conçu sur mesure, probablement comme cadeau à une personne à son service. Cette montre dépasse sa fonction utilitaire pour devenir un chef-d’œuvre personnalisé, à l’histoire unique et au lien singulier avec un personnage illustre.
Charles Philippe, comte d'Artois, roi Charles X 9.10.1757 – 6.11.1836

Charles Philippe fut connu la majeure partie de sa vie comme le comte d’Artois avant de monter sur le trône comme roi de France et de Navarre, devenant Charles X et régnant du 16 septembre 1824 au 2 août 1830. Oncle du roi non couronné Louis XVII et frère cadet des rois Louis XVI et Louis XVIII, il soutint ce dernier pendant l’exil et finit par lui succéder.
Le règne de Charles X, qui dura près de six ans, prit fin avec la révolution de Juillet 1830, ou révolution des Trois Glorieuses, un soulèvement politique qui eut lieu à Paris du 27 au 29 juillet 1830.
Le 2 août de la même année, Charles X abdiqua en faveur de son petit-fils, le duc de Bordeaux. La population rejeta cependant la solution monarchique et opta pour un régime plus modéré. Louis-Philippe, surnommé le « Roi-Citoyen », fut choisi pour diriger le nouveau gouvernement en tant que roi des Français.
Après son abdication, il reprit le chemin de l’exil. Il quitta la France et se retira en exil au Royaume-Uni. Il vécut à Édimbourg, en Écosse, pendant une courte période avant de s’installer à Prague, où il passa la plupart de ses dernières années d’exil. Il demeura en exil jusqu’à sa mort en 1836, dans la ville de Gorizia, qui faisait alors partie de l’Empire d’Autriche.
Il fut le dernier monarque français de la branche aînée de la maison de Bourbon, descendant du roi Henri IV.
Le mouvement de Hessen, vers 1780
La mise au point par Lépine du calibre à ponts coïncida avec la popularité croissante des montres plus grandes et plus plates, une tendance qui se répandit lentement en Angleterre vers 1780. Avant cette période, les montres plus grandes étaient déjà en vogue, surtout après la publication du H4 de John Harrison. La préférence pour les montres plus grandes était portée par une nouvelle déclaration de mode, où une montre imposante, idéalement à seconde centrale, devint un symbole de statut. Posséder une telle montre reflétait non seulement un goût esthétique raffiné, mais signalait aussi un lien avec les récentes découvertes en astronomie et en géographie.
À l’époque, les mouvements équipés d’échappements à roue de rencontre, bien que réputés pour leur robustesse, peinaient à rivaliser avec les avancées techniques et esthétiques apportées par les calibres à ponts.
André Hessen, alors que de nombreux horlogers de l’époque adoptaient les nouveaux échappements inspirés de la mode anglaise, défendit vigoureusement les avantages de l’échappement à roue de rencontre, utilisé depuis plus de 200 ans. Il en souligna la durabilité et la facilité d’entretien, qualifiant les nouveaux échappements, venus pour l’essentiel d’Angleterre, de simples statements de mode sans réel mérite technique.
Sa stratégie pour rester compétitif passa par l’adaptation esthétique et fonctionnelle du mouvement à roue de rencontre aux avancées novatrices introduites par Lépine. Son approche porta sur le rouage, dans la lignée de Lépine, où la fusée et le barillet étaient visibles à travers la platine principale. Il réduisit la platine arrière à un « pont » en forme de croissant de lune qui soutenait la fusée et le barillet. En outre, côté cadran, un pont supplémentaire fut ajouté pour soutenir l’échappement et la roue de troisième. Ces modifications donnèrent naissance à une construction plus fine et à un entretien plus aisé, permettant de retirer des composants individuels sans démonter tout le mouvement. Le calibre Hessen-verge[6] fut conçu comme un sérieux concurrent des mouvements de Lépine.
Des éléments récents révèlent qu’entre 1781 et 1783, les ateliers de Lépine et d’André Hessen n’étaient distants que d’environ 100 m. De plus, l’atelier de Breguet, quai de l'Horloge, se trouvait à moins de 700 m de ces deux ateliers à l’époque. Cela explique l’utilisation de calibres identiques dans les trois ateliers et confirme que les trois horlogers se connaissaient, ce qui laisse supposer une interaction et une influence mutuelle.
Il n’est pas surprenant que certains horlogers et marchands de montres parisiens, dont Abraham-Louis Breguet, aient adopté cette version modernisée du mouvement à roue de rencontre. André Hessen tenta probablement de promouvoir ces mouvements en proposant des prix plus abordables que ceux des mouvements Lépine. Cependant, les premiers calibres Hessen-verge furent rarement utilisés et très peu ont survécu.
Vers 1785, reconnaissant les avantages des nouveaux échappements, Hessen modifia son mouvement à roue de rencontre pour y intégrer l’échappement à virgule. Il remplaça en outre le coq à deux pieds par le coq à un pied, plus élégant, de style Lépine, tout en conservant la décoration de style Louis XVI. Cette dernière version du mouvement Hessen, avec échappement à virgule, fut plus largement adoptée. Toutefois, à long terme, même le calibre Hessen-verge modernisé ne put rivaliser avec les mouvements à ponts de Lépine, plus fins, plus pratiques et plus précis.
Une dernière version du mouvement Hessen représente une « réconciliation » partielle avec le système Lépine. Elle conserve l’échappement à virgule, modernise la décoration du coq dans le style Lépine et, dans certaines versions, comporte un barillet suspendu, tel que conçu par Lépine. Ces dernières versions, connues sous le nom de mouvements Lépine-Hessen, furent utilisées entre 1787 et 1790.

D’autres horlogers parisiens, dont Breguet, adoptèrent également ce calibre, comme en témoigne le numéro 135, vendu en 1792. Fait notable, cette montre n’a pas été fabriquée dans les ateliers Breguet : il s’agit d’une pièce de revente, peut-être achetée directement à Hessen. C’est ce que suggère l’absence de signature sur le cadran d’origine. De plus, le dessin de la boîte, avec ses perles appliquées et son émail translucide sur une surface guilloché, ne correspond pas au style habituel des montres Breguet de l’époque. La vente de cette montre est documentée dans les registres ; sans cela, elle pourrait être considérée comme une possible contrefaçon d’époque.
André Hessen pour Daniel Vaucher, Paris, vers 1775
Montre en laiton doré à remontage par l’avant, animée par le mouvement Hessen-verge, avec une platine côté cadran de 47,3 mm et une épaisseur de 11,4 mm, axe central compris ; elle se distingue par l’élégante fusion d’éléments classiques et d’innovations. Elle possède un très petit coq en acier à deux pieds.
Représentant la version initiale de l’adaptation des principes novateurs de Lépine aux échappements à roue de rencontre d’André Hessen, le mouvement laisse voir le barillet et la fusée à travers la « platine arrière », soutenus par une plaque en forme de demi-lune. Les rouages sont élégamment couverts. La signature gravée « Vaucher à Paris » atteste la provenance du mouvement, tandis que le cadran en cuivre émaillé porte la signature distinctive « L'Epine à Paris ».
Daniel Vaucher, membre d’une éminente dynastie d’horlogers de Fleurier, en Suisse, s’installa ensuite à Paris, où il changea son nom en « Vauchez ». Reconnu comme un marchand de premier plan, il se spécialisa dans la vente de quelques-unes des plus belles montres produites par Lépine. Pour signer ses montres (dont beaucoup étaient fabriquées dans l’atelier de Lépine, comme l’exemplaire ci-dessus), il utilisait différentes variantes telles que « Vaucher à Paris », « Vauchez à Paris » et, plus tard, « Vauchez en la Cité ».
La présence de la signature de Lépine sur les cadrans peut s’expliquer par le fait que Vaucher était marchand de montres fabriquées par Lépine. Pour des raisons contractuelles, il est plausible que la finition des mouvements ait été réalisée dans l’atelier de Lépine plutôt que dans celui de Hessen.
Il est intéressant de noter que la boutique de Vaucher se trouvait à quelques centaines de mètres des ateliers de Hessen, Lépine et Breguet. Cette proximité géographique suggère des échanges fréquents entre ces maîtres horlogers, qui s’influençaient peut-être et partageaient leurs innovations dans la fascinante scène horlogère de l’époque.

Comme mentionné précédemment, Breguet adopta lui aussi cette version plus ancienne du mouvement de Hessen. L’intégration de ce mouvement s’accorde avec la nature expérimentale de Breguet, qui cherchait constamment de nouveaux systèmes à adopter, modifier et améliorer.
Ont survécu un mouvement ancien et une montre de l’atelier d’Abraham-Louis Breguet, précisément le numéro 242 de la deuxième série, présentant tous deux exactement la même construction que le mouvement décrit précédemment.
La montre la plus récente, identifiée par le numéro 242 de la deuxième série, possède un cadran en cuivre émaillé restauré, dont le numéro de production indique 1792/3. Pourtant, le mouvement de cette montre a en réalité été construit vers 1780. Il est plausible que Breguet ait acquis ce mouvement préfabriqué directement auprès de Hessen et l’ait commercialisé sous son propre nom. Une autre hypothèse est que ce mouvement ait fait partie du stock de Xavier Gide, associé de Breguet jusqu’en 1791.
Le registre de l’atelier Breguet mentionne la perte de cette montre le 23 octobre 1810. Étonnamment, elle réapparut et fut ensuite vendue aux enchères chez Chayette le 24 novembre 1980, lot 131. Chayette est le nom d’une maison de ventes aux enchères française fondée en 1965 par Jean Chayette. (liquidée en 2023).
Cet épisode ajoute un intrigant élément de mystère à l’histoire de cette montre.
André Hessen pour J. Cardinaux, Paris, nº 743, 1780
Magnifique montre en laiton doré à remontage par l’avant, abritant un mouvement Hessen-verge et logée dans une boîte plus tardive en argent doré ou « vermeil »[7], d’un diamètre total de 58 mm. Les détails impressionnants de la boîte comprennent des lunettes richement gravées de volutes et de feuillages complexes, qui lui confèrent une esthétique élégante et luxueuse.
Le coq, très petit, à deux pieds, porte les initiales de l’horloger « J C » et présente un coq supplémentaire en acier. Les vis en acier bleui, marquées de points, sont une caractéristique traditionnellement associée aux pièces de haute qualité. Ce mouvement représente une étape intermédiaire dans l’adaptation des principes novateurs de Lépine aux mouvements à roue de rencontre mis au point par André Hessen.
Le barillet et la fusée sont visibles à travers la « platine arrière », soutenus par une plaque en forme de disque aux 3/4. Ce couvercle est fixé à la « platine arrière » par des vis. Les rouages sont couverts, signe de la précision de la conception. Le mouvement, clairement signé « Cardinaux à Paris », porte le numéro Nº 743.
Le cadran, en cuivre émaillé et orné de chiffres arabes, est signé « Cardinaux ». On note toutefois une particularité dans les aiguilles « Breguet » : l’aiguille des heures présente un style plat, caractéristique des premiers types.
André Hessen pour Alexandre Patry & Louis-François-Guillaume Chaudoir, Genève, 1785
Montre en argent, avec boîte consulaire en laiton doré et remontage par l’avant, dotée d’un mouvement Hessen-verge à platine trois-quarts et de 53,8 mm de diamètre. Le coq unique, qui conserve le dessin ajouré des versions antérieures, possède un pied courbé, rappelant le style du « calibre Lépine à barillet suspendu ». Les rouages sont entièrement couverts.
On remarque l’ajourage du bras du régulateur de tension du spiral, traversant la platine arrière, une caractéristique adoptée plus tard par Abraham-Louis Breguet. Le mouvement est signé « Al(exan)dre Patry & Chaudoir ». Le cadran en cuivre émaillé, bien que non signé, ajoute une touche d’élégance à cette pièce unique.
Le motif en étoile du couvercle de barillet est une caractéristique distinctive des pièces tardives produites par André Hessen. En revanche, la décoration ondulée sur les bords du couvercle de barillet et sur le pied du coq reflète l’influence du travail genevois.
Il convient de souligner le nouvel emploi du coq de style Lépine, désormais à un seul pied, qui conserve la décoration raffinée de style Louis XVI. Cette fusion d’éléments stylistiques confère à la pièce une singularité remarquable.
Ce mouvement représente la version la plus aboutie de l’adaptation des nouveaux principes de Lépine par André Hessen, intégrant notamment un échappement à roue de rencontre. Cette variante perfectionnée de l’échappement fut largement adoptée par divers horlogers, supplantant la version plus « primitive » présentée précédemment. Sa popularité ne se limitait pas aux horlogers parisiens : elle resta d’un usage plus répandu à Genève. Cette préférence peut s’expliquer par la production de mouvements plus raffinés à Genève ou à Ferney.
Parmi les horlogers qui adoptèrent ce type de mouvement figurent de prestigieuses maisons telles que « Le Blond l'ainé à Paris », « Rouvière à Paris », « Duchène et Comp » et « Moré & Dupont à Geneva ». La diffusion de ces avancées techniques souligne l’influence considérable d’André Hessen sur le développement et l’acceptation des innovations dans l’horlogerie de l’époque.
Alexandre Patry 23.11.1758 – 21.12.1822 ; François-Guillaume Chaudoir 1770 – X
Alexandre Patry, issu d’une respectable lignée d’orfèvres genevois, obtint le statut de maître vers 1780. Entre 1791 et 1796, il s’associa officiellement avec Louis-François-Guillaume (Hubert) Chaudoir, né à Berlin. Durant cette période, leurs créations furent signées « Al(exan)dre Patry & Chaudoir » ou simplement « Patry & Chaudoir ». Après 1798, il entama une nouvelle collaboration avec Pierre Chenevière (1766-1849), donnant naissance à une production identifiée sous le nom de « Patry & Chenevière ».
Dans les registres de la ville de Genève figure une mention de l’entreprise « Patry Oncle & Neveu », où Alexandre était associé à son oncle homonyme, tous deux prénommés Alexandre. Cette similitude de noms entraîne parfois des confusions dans l’attribution des pièces à l’un ou l’autre Patry. Cette complexité ajoute une dimension historique fascinante au parcours de ces talentueux artisans.
Notes
[1] Il s’agit d’une pièce utilisée dans les montres mécaniques pour transmettre le mouvement du mécanisme à l’aiguille des minutes. La chaussée est un petit pignon denté qui s’ajuste sur l’axe central de la montre. Elle reçoit l’énergie du rouage principal de la montre et la transmet à l’aiguille des minutes. Le qualificatif « ronde » se rapporte à la forme de la chaussée, qui a un profil cylindrique ou arrondi.
[2] L’expression "sur la table du pont" désigne la surface plane ou la partie supérieure du pont d’un mécanisme de montre. Le pont est une pièce métallique qui couvre et soutient diverses parties du mouvement, comme le balancier, les roues et d’autres engrenages. En horlogerie, la table du pont est la partie du pont où l’on peut graver des inscriptions ou des marques, ou où peuvent apparaître des informations comme le numéro de série ou des abréviations spécifiques.
[3] Il est important de noter que la description précise des aiguilles à pointe en "perle" peut varier selon les montres et les périodes de production de ces horlogers. Il est recommandé de consulter des sources supplémentaires ou des catalogues spécialisés pour obtenir des informations précises sur les types d’aiguilles utilisés par Lépine et Breguet selon les modèles et les époques.
[4] Un ressort de boîte dissimulé est un type de ressort principal conçu pour être caché à l’intérieur du mouvement de la montre. Cela signifie que le ressort n’est pas visible à travers le cadran ni par le fond de la boîte.
L’utilisation d’un ressort de boîte dissimulé présente plusieurs avantages :
Esthétique : il peut améliorer l’apparence de la montre, car aucun composant visible ne vient distraire du design du cadran ou de la boîte.
Protection : il est protégé contre les dommages causés par la poussière, l’humidité et d’autres éléments extérieurs.
Efficacité : il peut être plus efficace qu’un ressort de boîte traditionnel, car il y a moins de perte d’énergie due au frottement.
Nouveaux types de ressorts de boîte dissimulés :
Ces dernières années, plusieurs nouveaux types de ressorts de boîte dissimulés ont été mis au point. Ces nouvelles conceptions offrent plusieurs avantages par rapport aux ressorts de boîte traditionnels, notamment :
Une plus grande capacité de stockage d’énergie : ils peuvent stocker plus d’énergie que les ressorts de boîte traditionnels, ce qui signifie que la montre peut fonctionner plus longtemps sans être remontée.
Une plus grande précision : ils peuvent offrir une meilleure précision que les ressorts de boîte traditionnels, car ils sont moins sujets à se déformer avec le temps.
Une plus grande durabilité : ils sont plus durables que les ressorts de boîte traditionnels, ce qui signifie qu’ils risquent moins de casser ou de s’user.
Le développement de nouveaux types de ressorts de boîte dissimulés est un domaine important de recherche et de développement en horlogerie. Les nouveaux ressorts de boîte dissimulés offrent plusieurs avantages par rapport aux ressorts traditionnels et contribuent à améliorer les performances, la fiabilité et l’esthétique des montres mécaniques.
[5] L’expression "pseudo-montres d’observation scientifique" peut signifier que ces montres n’étaient pas nécessairement construites dans le seul but d’être des instruments scientifiques précis, mais partageaient des caractéristiques qui les rendaient utiles pour les observations astronomiques.
[6] "Hessen-verge" est un terme utilisé pour décrire le type d’échappement employé dans certaines des montres de poche fabriquées par André Hessen. L’échappement est un composant essentiel de toute montre mécanique, car il est chargé de contrôler la vitesse du mouvement.
L’échappement à verge, ou à roue de rencontre, est un type d’échappement ancien couramment utilisé dans les montres de poche aux XVIIe et XVIIIe siècles. L’échappement à roue de rencontre se caractérise par une fine tige en forme de V qui oscille d’un côté à l’autre. Cette oscillation régule le flux d’énergie de la montre, contrôlant ainsi la vitesse du mouvement.
Bien que l’échappement à roue de rencontre soit une conception ancienne, il est encore utilisé dans certaines montres de poche modernes. En effet, l’échappement à roue de rencontre est relativement simple à fabriquer et peut être réglé avec précision.
André Hessen a utilisé l’échappement à roue de rencontre dans certaines de ses montres de poche. Le terme "Hessen-verge" sert à distinguer ces montres d’autres qui utilisent des échappements de types différents.
[7] Le « vermeil » est un terme qui désigne une pièce en argent recouverte d’or. Cette couche d’or sur l’argent peut être assez fine, généralement d’une épaisseur minimale de 2,5 micromètres.
Le mot « vermeil » vient de l’ancien français « vermeil », qui signifie « rouge », et désignait à l’origine la teinte rougeâtre qui apparaît lorsque l’or est appliqué sur une surface d’argent. Le terme « vermeil » est particulièrement courant en joaillerie et en orfèvrerie, où les pièces en argent recouvertes d’or sont appréciées pour leur aspect luxueux, sans le coût d’une pièce entièrement réalisée en or massif.





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